Le café de l'ovalie

Interdit d'y parler foot.

Modérateur: FootNantais modo

Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Ignatius Reilly » 15 Oct 2019 19:16

Reprise du dernier message :
C’est pas loin de ça quand même.
D’ailleurs y a une photo avec ses ciseaux et sa cueillette du jour.
Mais oui faut de bonnes jambes pour crapahuter sur tous ces massifs.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Arlequin » 16 Oct 2019 20:26

Ignatius Reilly a écrit:Les bières trappistes = les meilleures bières.
La Belgique fait donc les meilleures bières.
Les Pils et les Lagers c’est vraiment de la merde. :rouge:

T'étais pas sérieux, pourtant c'est ce que j'ai lu de plus sensé sur cette page.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Ignatius Reilly » 17 Oct 2019 4:03

J’étais pas sérieux dans la forme (le côté péremptoire style « grosse merde libertarienne »).
Il est évident qu’on va pas discuter les goûts des autres en matière de bière, ca n’aurait aucun sens.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar CdR » 17 Oct 2019 11:11

En plus c'est complètement con.
C'est pas de la merde ,c'est de la pisse.
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J'ai encore dit une grosse connerie.
 
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar CdR » 17 Oct 2019 11:11

En plus c'est complètement con.
C'est pas de la merde ,c'est de la pisse.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Tarif Maison » 20 Oct 2019 5:48

Dans l’Equipe de ce dimanche, extrait de la interview « Ma vie d’ex » de Vincent Clerc.
[...]
La plus belle troisième mi-temps ?
Celle après la défaite contre les Tonga (19-14 en 2011). Je ne sais pas si c’est la plus belle mais c’est la plus efficace en tout cas (rire). Elle nous permet de verbaliser plein de choses, d’aplanir des tensions entre nous, avec le staff. Il y avait besoin de se dire des choses. Le staff reste et c’est courageux parce que c’est une bringue très dure. Triste. Je me souviens, on est à table le lendemain midi, y a pas un bruit. On est dans une salle sans fenêtre sur l’extérieur. Glauque ! Il y en a qui veulent picoler, d’autres non, c’est tendu. Petit à petit, l’alcool aidant, on commence à se lever, à discuter, à faire des jeux… À un moment donné, on est en cercle, il y en a plein qui pleurent, mais tout le monde prend la parole, notamment les leaders. Après, ça devient festif et rigolo, on met la musique, ça dure jusqu’à 20 heures. On finit au McDo en face, à côté d’une station-service, à Wellington… Tous les préceptes du haut niveau, quoi ! Par contre, le lendemain, gros entraînement et alors le mardi, une séance d’opposition mon pauvre ! On a pris les clés et on a dit (au staff) : “Bon, soit on comprend pas le jeu, soit on n’arrive pas à s’adapter mais à un moment donné, on va le faire comme on le sent.” On a jeté le ballon au milieu, on a mis les protections, et on s’y est filé comme en match. D’une violence ! On s’est mis des timbres terribles dans la boue. Ça n’avait ni queue ni tête, aucune stratégie. Mais on sort de là contents en se disant : “Voilà, déjà si on y met ça en match…”»

Résultat, ils sont allés en finale :-)
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Ignatius Reilly » 20 Oct 2019 8:30

« Pas toi Vahaamahina, pas maintenant » :smt022
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Aurn » 20 Oct 2019 8:40

C'est vraiment mais alors vraiment con, parce qu'on fait vraiment un gros match. Ça va être compliqué de tenir.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Tarif Maison » 20 Oct 2019 8:50

Wainwright, je le préférais avec son bandeau dans les cheveux en 1ère mi-temps.
Une belle tête de hardeur californien des 80’s
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Aurn » 20 Oct 2019 8:59

Et mais là baisure, y'a en-avant!
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar jonaldo » 20 Oct 2019 9:46

En 2018 après la victoire contre l'Angleterre, jonaldo a écrit:
Lartot et Sarlat qui nous apprennent que Vahaamina se fait aider par son épouse pour ses récurrents problèmes de discipline, et que le joueur a reconnu en souriant dans une interview récente "ne pas bien connaître toutes les règles" :gloups Aucun problème pour accepter qu'un sportif professionnel affiche -même régulièrement- un niveau de quichasse. Mais apprendre les règles de son sport, ça doit pouvoir se caler dans l'agenda entre deux soulevages de fonte, non? :smt102 mots).


Comment disent les anglos-saxons, déjà? I rest my case?
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Tarif Maison » 30 Oct 2019 6:13

Extrait de « Parole d’Ex » dans l’Equipe de ce mercredi, avec le All-Black Bruce Shelford, qui évoque 2 fois la Beaujoire.
[...]
Votre moment le plus heureux sous le maillot noir ?
Sans hésiter, cette Coupe du monde 1987. Pour nous tous. On avait perdu ce fameux match face à la France, à Nantes en 1986 (16-3). Cette défaite face aux Bleus nous avait fait perdre beaucoup de “mana” (terme maori que l’on peut traduire par “aura, fluide, force, honneur”). On était réunis pour regarder leur demi-finale fantastique face aux Australiens (victoire française 30-24). Avec un chassé-croisé au score. Et puis cet essai magique des Français(Blanco, 85 e ). Toute l’équipe s’est levée d’un bond avec des cris de joie. “Ils ont eu ces bâtards !” On voulait jouer la France en finale. On tenait à se venger de l’humiliation que nous avaient infligée les Bleus. Le lendemain, on a écrasé le pays deGalles(49-6). On la voulait trop cette finale face à la France. Toute la semaine on ne s’est pas trop entraînés, juste un peu de rugby au toucher. Après six semaines de boulot, on voulait arriver frais parce qu’on avait de la monnaie à rendre aux Français.
[...]
Quel a été votre moment le plus douloureux sur un terrain ?
Le match de Nantes face à la France. J’en ai pris plein la gueule. D’abord, j’ai pris un K.-O. J’étais dans un ruck et j’ai vu débouler Jean-Pierre Garuet. Sa tête a heurté la mienne. Je ne suis pas sorti du terrain. Pourtant, deux mois après, j’avais encore des séquelles d’une commotion cérébrale. Durant ce même match, j’ai aussi perdu trois dents après un coup de pied dans la gueule d’un Français. Je ne sais pas de qui. Et puis, surtout, j’ai eu le scrotum déchiré par des coups de crampons. J’avais un testicule qui sortait. Ça c’est un cadeau de Daniel Dubroca. Je ne me souviens pas du match. Je ne l’ai jamais revu à la télé. Vu qu’on avait perdu, je n’en ai pas eu envie.
Image
Jean-Pierre Garuet (moustachu) lors de la victoire française face aux All Blacks à Nantes, en 1986 (16-3).
[...]
Quel fut votre moment le plus étonnant en match ?
Parfois, dans le cœur de l’action, on fait de ces trucs… Un jour, en Bledisloe Cup (rencontre annuelle opposant Nouvelle-Zélande et Australie), j’ai demandé aux gars de dézinguer un pilier australien dont je tairai le nom. J’ai dit aux piliers Richard Loe et Steve McDowall, qui était ceinture noire de judo : “À mon signal, vous le dézinguez ! Faut qu’il sorte du terrain !” Richard et moi, on chope le gars, Steve arrive pour le terminer. Et, comme dans un film au ralenti, au dernier moment, Sean Fitzpatrick (le talonneur néo-zélandais) s’intercale et se prend Steve pleine poire (il éclate de rire). Sean est tombé raide K.-O. On était morts de rire et pour ne pas que ça se voie trop, on a cavalé jusqu’au prochain ruck. Toujours éclatés de rire en entendant Sean se relever et grommeler : “Steve, pourquoi tu m’as fait ça !” On en rit encore. Sean Fitzpatrick a eu des points de suture et toujours une cicatrice sur la joue gauche. Se marrer en Bledisloe Cup, c’est quand même un truc.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Aurn » 02 Nov 2019 10:56


L'avenir dira s'il s'agit d'une team "Charcot"..
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Aurn » 08 Mars 2020 16:07

C'est moi où l'arbitrage est à sens unique ?
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar petit-breton » 09 Mars 2020 12:01

C'est moi où c'est le match idéal pour remettre les pieds sur terre (Dupont génial sur son ouverture au pied puis complètement à l'ouest sur ses tentatives d'y aller seul, que ce soit à 2m de la ligne d'en but ou en défense) à une équipe jeune et talentueuse mais qui n'a pas encore gommé sa tendance à l'indiscipline et à la déconcentration ?
Dommage que ça puisse donner le tournoi aux rosbifs, mais passer du néant des 10 dernières années à un grand chelem d'un coup, ça n'aurait peut-être pas été le mieux pour les joueurs.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar TomTom » 09 Mars 2020 14:17

Surtout qu'il faut quand même apprécier les bonnes choses. Trois victoires d'affilées en 6 nations, avec une équipe jeune, un minimum ambitieuse, qui construit des choses intéressantes pour le prochain mondial, c'est quand même pas mal. Et vu les aléas du match, on perd que 28 -17, c'est pas non plus une volée.
Y a quand même des journalistes pour pourrir cette équipe en fin de match, à limiter réclamer de tout jeter parce que le grand chelem échappe à la France. On sort de plusieurs années de bouillie, à regarder les matchs sans envie ni attentes, on a du contenu et des jolies révélations, mais on ça suffit pas, il faut aboyer comme des cons parce que tout n'est pas idyllique.

Si on prend pas une pilule contre l'Irlande (quand on les jouera), ce tournoi sera une vraie satisfaction et dire le contraire c'est voir le sport comme un jeu vidéo.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Grapichu » 09 Mars 2020 16:00

Tiens d'ailleurs, ça existe des simulations de rugby ? :-k
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar féliré » 09 Mars 2020 16:18

Surement mais ça a un très faible intérêt vu que les soigneurs peuvent rentrer sur le terrain en cours de jeu, c'est assez con de prendre le risque d'être en sous nombre tout en sachant très bien que ni l'arbitre, ni les joueurs ne vont arrêter le jeu parce qu'un joueur est au sol.
C'est ce que j'avais expliqué à des potes qui n'étaient pas très foot et qui avaient publié sur fb une vidéo de Rugby avec des chocs avec le commentaire "Cé pa o foute kon vairai sa han". Ben forcément, parce que ça sert à rien au Rugby...
Y a un moment où faut comprendre que la triche dans n'importe quelle sport, elle s'adapte à la discipline hein. Va simuler au 110 mètres haies...
A l'inverse, au foot, on voit rarement des placages haut.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Vikingix » 09 Mars 2020 16:58

Grapichu a écrit:Tiens d'ailleurs, ça existe des simulations de rugby ? :-k


Ca existe, mais aucune n'a jamais vraiment réussi à atteindre un bon niveau a priori.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar TomTom » 09 Mars 2020 20:15

féliré a écrit:Surement mais ça a un très faible intérêt vu que les soigneurs peuvent rentrer sur le terrain en cours de jeu, c'est assez con de prendre le risque d'être en sous nombre tout en sachant très bien que ni l'arbitre, ni les joueurs ne vont arrêter le jeu parce qu'un joueur est au sol.
C'est ce que j'avais expliqué à des potes qui n'étaient pas très foot et qui avaient publié sur fb une vidéo de Rugby avec des chocs avec le commentaire "Cé pa o foute kon vairai sa han". Ben forcément, parce que ça sert à rien au Rugby...
Y a un moment où faut comprendre que la triche dans n'importe quelle sport, elle s'adapte à la discipline hein. Va simuler au 110 mètres haies...
A l'inverse, au foot, on voit rarement des placages haut.


Il parlait plus de simulation DE rugby que de simulations AU rugby semble t'il.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar jonaldo » 09 Mars 2020 21:22

Aurn a écrit:C'est moi où l'arbitrage est à sens unique ?


Je n'ai vu que la première mi-temps, mais j'ai eu aussi la désagréable impression du 3 fautes contres les Français = 1 contre les Ecossais.

Mais bon, c'est un sport où l'agressivité est essentielle, et certains arbitres "avantagent" l'équipe qui domine, ce qui était le cas de l'Ecosse hier.

Le jaune n'est pas scandaleux (j'avais pensé qu'il serait pour Willemse, qui me semble plus mal intentionné que Cros sur l'action, mais bon), et le rouge est incontestable.

Pour ce qui est des ralentis, c'était moyen, en revanche. C'était un réalisateur de foot italien ?
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar petit-breton » 10 Mars 2020 6:33

Pour les ralentis, c'était la totale subjectivité et une légitimation de l'arbitrage maison puisque c'est le diffuseur qui décide quelles images fournir à la VAR.
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Re: Le café de l'ovalie

Messagepar Gin-Hola » 18 Avr 2020 10:50

Un jour, une histoire : le sommet de Béziers

UN JOUR, UNE HISTOIRE - En 1978, le grand Béziers atteint ce jour-là son apogée. La beauté de ce triomphe face à de valeureux Montferrandais fit taire tous les commentaires mesquins qui accompagnaient le parcours de cette équipe unique dans l’Histoire.


Jamais un cliché ne se fit tordre le cou avec autant de panache. Au coup de sifflet final de cette finale 1978, les esprits les plus jaloux et les plus mesquins furent un moment interloqués. Béziers venait de surclasser Montferrand 31-9, cinq essais à un, score énorme pour l’époque, salué par un envahissement du Parc des Princes par une foule de gus coiffés de bérets à pompons, de bobs ou de casquettes de coureurs cyclistes.

La réalisation avait été approximative, au point d’altérer la perception de l’essai magnifique d’Alain Paco ; la remise du trophée salement escamotée par la nécessité de rendre l’antenne à tout prix. Mais ça n’avait pas suffi à enlaidir l’événement. On a parlé de cet après-midi ensoleillé comme l’apothéose du Grand Béziers. Avec nos yeux d’aujourd’hui, les chocs nous semblent moins intenses, les coups de reins moins électriques. c’est du rugby en léger ralenti, presque sous Lexomil mais les actions y gagnent en limpidité, en grâce et en volupté. L’essai de Paco conclut une action de 80 mètres initiée par une relance insolente de Astre et poursuivie par neuf partenaires. Seuls les coups de pied de la pointe de Cabrol ont vraiment vieilli.

Cette finale marquait le sommet d’un duo qui était en train de se séparer : Raoul Barrière, l’entraîneur, et Richard Astre, le capitaine, dont c’était l’avant-dernier match (à 29 ans). Le triomphe fut embelli par la belle résistance des Montferrandais qui n’étaient menés que 13-9 à la 70e. Et puis, ce fut l’accélération irrésistible, comme Thèvenet ou Bobet dans l’Izoard : trois essais en huit minutes et cette sensation que si le match avait duré dix minutes de plus, Béziers aurait passé la barre des cinquante points. La floraison de leur jeu prit l’allure d’une épiphanie.

Une sensation qu’on a rarement retrouvé en finale, sinon avec Toulouse en 1985, le Stade français en 1998 ou Biarritz en 2006. "Tout s’est joué sur un regroupement à la 72e, si la balle était sortie pour les Auvergnats, on aurait peut-être perdu", explique le centre Henri Mioch. "Gasparotto avait fait une belle charge. Mais nous nous étions entraînés à retourner nos adversaires pour leur piquer le ballon. Un truc très dur à faire. Ça a marché, Sénal lui a chipé le ballon", poursuit Richard Astre, le demi de mêlée aux yeux de lynx.

Jean-Pierre Romeu venait de manquer une pénalité facile : en deux minutes, les Auvergnats virent neuf points s’envoler. "J’ai vu que l’arrière Droitecourt n’était pas en couverture car il était parmi ses trois-quarts. J’ai aussitôt alerté Séguier. J’ai démarré petit côté et j’ai tapé à suivre devant lui" poursuit Astre.

Factuellement, la partie a basculé là-dessus, l’ailier de Béziers s’offrit un sprint de lévrier, au point de larguer… Sa propre chaussure, comme un poids mort qu’on jette au fossé. La course de Séguier fut un régal, mais dès le lendemain, dans les colonnes du Midi Olympique, des lecteurs posèrent la question fondamentale : "Comment Diable, Astre a pu se retrouver en possession de la balle alors que Clermont attaquait dans les 20 mètres ?" Nous sommes contents que quarante ans après, Astre nous ait cité un nom, Sénal.

Car à l’époque, le Midi Olympique répondit ça par la plume de Raymond Sautet : "Comment la balle sortit dans pareilles conditions du côté biterrois ? C’est le secret des mauls et des mêlées ouvertes où les champions sont étonnants." Les regroupements de l’ASBH étaient un univers en soi soumis à des forces telluriques, du rugby chimiquement pur. Ce rappel est en tout cas l’occasion de rappeler l’œuvre de Georges Sénal, combattant de l’ombre sous-estimé, parti sur une vexation deux ans plus tard.

Une équipe très jalousée

Mais pour bien saisir la force de l’événement, il faut se rappeler combien les Biterrois étaient jalousés, surtout dans le Sud-Ouest. Rarement une équipe aura été attaquée avec autant de mauvaise foi. Au nom d’une certaine idée du beau jeu déployé, on les résumait à la force ou à la férocité de leurs avants, Vaquerin, Palmié, Estève, Sénal qui, c’est vrai, savaient laisser tomber quand il le fallait ; à leur propension à cacher le ballon comme si c’était un crime. "Nous cherchions de la reconnaissance et nous voulions faire taire les caciques", reprend Astre. Quand on revoit cette finale, on se rend compte combien toutes ces polémiques étaient stupides. Béziers avait tout simplement dix ans d’avance avec son jeu de conservation même si le mot n’était pas encore utilisé. "Je pense que pour le grand public, ce fut la révélation de notre façon de multiplier les passes entre avants, ce jeu fait de soutien et de replacement. Nous le faisions en poule mais ce n’était pas télévisé", analyse Henri Mioch, l’un des jeunots de cette équipe, il jouait le rôle du trois-quarts centre physique et massif, rareté dans les années 70.

"On oublie souvent que derrière, nous étions très talentueux. Cantoni, Fabre, Séguier, Cabrol étaient internationaux. Rivallo international B. Le plus maladroit, c’était moi avec mes 110 kilos. Quant à la jalousie qu’on suscitait, elle est humaine. Celui qui a trop de succès s’expose à ça. Quand on voit une belle fille au bras d’un gars, on se demande ce qu’elle lui trouve et on se dit qu’elle doit être forcément stupide." Richard Astre vit toujours ça comme une souffrance : "On parle de nos titres mais on ne fait pas assez référence à notre jeu. Dans les années qui ont suivi nous n’étions jamais pris comme exemple lors des diverses réflexions sur l’avenir du rugby." On imagine son amertume quand dans les années 80, on porta au pinacle le nouveau jeu toulousain du duo Villepreux-Skrela

Des avants qui faisaient peur mais qui n’étaient pas des bourrins

C’est vrai que les avants de Béziers faisaient peur avec leur pilosité de Vikings et leur regard de pirates, Alain Estève serait même embauché plus tard par un metteur en scène pour jouer l’ogre du Petit Poucet. Ils étaient durs, oui, mais ils ne pratiquaient pas un rugby de "bourrins". "Ils savaient rester proches les uns des autres pour passer la ligne d’avantage en se faisant des petites passes. Et ils s’efforçaient de rester debout. Ils étaient les héritiers du demi-tour contact de Lucien Mias, transformé en contact demi-tour. Ils préfiguraient aussi la tactique des blocs de l’époque Laporte-Brunel. Quant à Paco, Vaquerin et Estève, ils étaient plus complets que certains avants du XV de France d’aujourd’hui", détaille Jean-Pierre Elissalde qui les a si souvent affrontés avec La Rochelle ou Bayonne.

Astre se veut plus précis : "La nouveauté de notre jeu, c’était l’intervention des avants dans toutes les zones. Et ça surprenait. Nous les utilisions même en leurre. Notre but, c’était le mouvement perpétuel et la maîtrise du ballon, plus que la vitesse pure. Les avants n’étaient plus seulement au service des trois-quarts. Le mot clé, c’était le soutien, encore et toujours. Nous nous inspirions d’une théorie : le losange des All Blacks et nous révions d’une partie où nous aurions eu le ballon du début à la fin. Même si c’était utopique." Maîtrise ! Le cornac des éléphants biterrois aime insister sur ce point fondamental : "En demie contre Toulouse (12-9, N.D.L.R.), nous avions volontairement caché notre jeu. J’avais averti Raoul Barrière que je ne prendrai pas de risques si nous menions à la marque, que je ferai beaucoup de côtés fermés. Déjà parce que Skrela et Rives plaquaient beaucoup mais aussi pour surprendre en finale. Qu’est-ce qu’on n’a pas dit sur le moment ? Il paraît que nous étions fatigués, que nous avions trop joué depuis le début de la saison. Que sais-je ?" Programmer son jeu sur… 160 minutes, ce n’est pas donné à tout le monde. L’ASB l’a fait, forte de la confiance offerte par ses cinq titres en sept ans. "Après des demies brillantes et des finales ternes, on voulait faire le contraire. En plus, nous nous entraînions beaucoup mais on ne le disait pas."

Les Biterrois n’étaient pas obsédés par le beau jeu vu comme une esthétique telle que le faisait une certaine intelligentsia du Sud-Ouest droguée à la référence basco-landaise, mais il arrivait que leur jeu devienne magnifique quand tous les paramètres étaient réunis. C’est ce qu’ils ont vécu en ce 28 mai à travers notamment l’essai de Paco : dix passes sur 80 mètres et huit avants sollicités debout dans un couloir. Les caciques ont bien été obligés de se taire, au moins pendant quelques semaines.

https://www.rugbyrama.fr/rugby/un-jour- ... tory.shtml

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