Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

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Modérateur: FootNantais modo

Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Mickey » 25 Avr 2021 12:45

Reprise du dernier message :
Bruno Steck, numéro 15, à coté de Jean-Claude Osman, je pense.

(A l'aller Strasbourg nous avait hachés...)
Mickey
Merci Henri ♥
 
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Tarif Maison » 27 Avr 2021 17:59

Poursuite de la série sur le titre de 2001 avec Hassan Ahamada. Tout en humilité, et avec humour.

Les 20 ans du titre. Hassan Ahamada : « On se faisait plaisir en jouant ensemble »
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Il y a 20 ans, le FC Nantes décrochait son 8e titre de champion de France. Ouest-France a retrouvé les acteurs de cette saison imprévisible, lancée après un maintien acquis sur le fil. Lors de cette saison 2000-2001, Hassan Ahamada dispute 12 matches de championnat. Il participe notamment à la victoire décisive face à l’AS Saint-Etienne, le 12 mai 2001 (1-0). Alors qu’il vient tout juste de souffler ses 40 bougies, Hassan Ahamada, aujourd’hui paysagiste, rembobine le film de ces années folles.

En quoi vos années nantaises de formation sont-elles prépondérantes ?
- Les années de formation sont marquantes car on t’inculque des principes dès 14-15 ans… Tu arrives avec tes qualités propres (vitesse, vision du jeu, technique, le dribble). Tu ne sais pas trop à quoi t’attendre mais déjà, on t’apprend à respecter tes collègues, la vie en société. Ensuite, c’est la façon de jouer au foot, la façon dont le FC Nantes la perçoit. Au début, c’est particulier. On est tous un peu au-dessus de la moyenne dans nos propres clubs. Moi, c’était à Brest. Tu es un peu individualiste et au final, tu apprends à jouer avec les autres et tu comprends que, comme ça, tu peux faire de grandes choses. C’est ce qui nous est arrivé. On se faisait plaisir en jouant ensemble au foot.
Conserve-t-on facilement les mêmes valeurs quand on monte en pro ?
- Tant que tu restes à peu près avec le même groupe, dans le même club, oui. Une fois que tu pars, comme ce fut mon cas, tu te rends compte que tu es un peu livré à toi-même. Tu dois être bon individuellement. Tu n’es plus dans cette recherche de mouvement coordonné avec le collègue. Avant, on ne se posait pas la question. Mais quand tu arrives dans un autre club, tu fais le 1, tu n’as pas le 2, tu centres au premier poteau, personne ne coupe. C’est compliqué. C’est pour ça que beaucoup de Nantais ont eu du mal à percer.
Une fois la carrière terminée, que reste-t-il de ces années nantaises ?

- Ce qu’on a vécu à Nantes, on le garde dans notre vie d’homme. Cet aspect de partage, je le vois dans mon boulot aujourd’hui (Hassan Ahamada est paysagiste). Je suis vachement proche de mon collègue, je m’intéresse à ce qu’il fait, on essaie de bien bosser ensemble, dans le même était d’esprit, ça fonctionne super-bien. Ça m’a apporté beaucoup, je ne suis pas dans l’optique de faire le boulot tout seul dans mon coin. On n’a même pas besoin de se parler, on sait ce qu’on a à faire. On prend du plaisir dans la notion de partage. La rigolade aussi, car à Nantes, on rigolait beaucoup.
Quels moments vous ont marqué, d’un point de vue émotionnel ?[/i]
- La première coupe de France, tu ne réalises pas (titulaire en demi-finale contre Monaco en 2000, non retenu dans le groupe en finale). Tu es encore dans tes années post-formation. Tu es encore cocooné. L’entourage est bienveillant, tu es jeune. On n’attend rien de spécial de ta part, si ce n’est que tu peux exploser au plus haut niveau. Il y a une certaine insouciance. L’année du maintien, on était plus attendus. Un groupe s’est formé dans la difficulté.
[b]Comment se faire sa place dans ce groupe ?

- Je n’ai jamais rien revendiqué. La plupart me disent : « Tu avais les qualités, mais tu étais souvent blessé » Je ne faisais pas forcément attention à quoi que ce soit, je n’étais pas dans le mode pro au final. Et j’étais simplement content d’être là. Avec le recul, je me dis : « P… ain, j’aurais dû plus m’arracher, me concentrer ». Avant d’être coéquipier, j’étais déjà fan de Da Roch’(Frédéric Da Rocha), d’Eric (Carrière). J’étais déjà content de partager leur vestiaire, leurs moments, quelques bribes de match. Je me contentais de ça. C’est devenu plus dur quand ils sont tous partis au compte-gouttes et que ce groupe s’est un peu délité, que les bons potes sont partis. J’ai savouré ces saisons-là au maximum.
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Quels sont les coaches qui ont compté ?
- Raynald (Denoueix) forcément. Je ne vais pas me répéter par rapport à ce qu’ont dit les autres ? On sait le technicien que c’est. Il nous a donné notre chance. J’ai eu Jean-Claude Baudoin en formation, que j’appréciais beaucoup. Quelqu’un d’assez dur au départ, ce n’était pas simple. Pour avoir joué contre le FC Nantes, je connaissais le niveau du club. Mais l’intensité des entraînements, le caractère assez dur du coach, ce n’était pas facile. Mais il te le rendait bien quand tu faisais ce qu’il fallait. J’ai gardé des bons souvenirs de tous les techniciens, Georges Eo, Gilles Albert que j’ai aussi croisé en réserve, mon beau-père, Lolo (Amisse). Ça revenait toujours à la même philosophie mais il avait tous une façon différente de l’exprimer. Ça ne nous changeait pas de passer d’un coach à un autre car ils avaient la même vision du jeu. Après, ils avaient chacun leur personnalité. Raynald ne communiquait pas beaucoup, il n’en avait pas besoin. Lolo, c’était plus sur les joueurs offensifs : il savait de quoi il parlait.
Peut-on dire du FC Nantes de l’époque qu’il constituait une famille ?
- Carrément ! Et dans la famille, on incorpore les salariés qui travaillent dans les bureaux, les cuisinières, les jeunes du centre… On n’était pas parqués. Après, j’ai suivi le FC Nantes comme ça. À partir du moment où je n’ai plus reconnu aucun joueur et par rapport à ce que j’entendais de l’extérieur, je me suis dit que j’étais parti au bon moment. Avec beaucoup, en tout cas pour ceux qui vivent encore dans la région, on se côtoie quasiment au quotidien. Avec Nico (Gillet), on se voit souvent. Il est coach de Carquefou de mon fils. Da Roch' a aussi coaché mon fils. Yves, on se voit régulièrement. Mathieu (Berson) et Sylvain (Armand), ce n’est une surprise pour personne. Ce serait un plaisir de revoir les autres.
Le 12 mai 2001, vous êtes officiellement sacrés champions de France. Vous avez participé à la fête contre Saint-Etienne (1-0). Quels souvenirs de cette soirée remontent-ils à la surface ?
- Je rentre, je vendange. J’ai des flashs. Je revois le but de Maram’. Tu es sur le banc… Tu stresses tout le match mais en même temps, tu as cette sensation et tu te dis : « C’est pour nous ». Mais tu n’as qu’une hâte, c’est que ça se termine. Je ne sais même plus ce que je fais quand ça siffle. On a dû filer au vestiaire, mettre les t-shirts, les embrassades et tout… Je m’en souviens grâce aux photos. L’après stade, en revanche, je m’en souviens très bien. C’était énorme : le Quai West, tu croises les supporters : une petite tape sur l’épaule, tu trinques avec eux, ils ont un petit mot sympa, c’est bienveillant. Ça, tu ne pourrais pas le faire aujourd’hui. Le lendemain, on se retrouve à la mairie. Après, on se regarde tous. « Qu’est-ce qu’on fait ? » On file à la Belle Équipe (une brasserie sur les bords de l’Erdre, près de la Jonelière). Après, on part en ville, on doit finir au Castel. Tout le monde a participé. On rentre à 6 ou 7 heures. On donnerait tout pour revivre ça. On fait ce métier pour ça.
Que vous inspire le foot d’aujourd’hui ?
- Lui, il ne me manque pas. Avec tout ce qu’on a fait, on aurait été grillés, on aurait été dans la m… avec les réseaux sociaux et compagnie. Peut-être qu’on aurait mieux joué au foot, qu’on se serait plus concentré… Il y a aussi une vie en dehors du foot et quand tu es épanoui, c’est là que tu fais les meilleures choses. Nous, on finissait le match, on allait au resto, tranquille. Aujourd’hui, les mecs du PSG ou de Marseille, ce n’est pas possible. Ou alors ils se retrouvent entre eux. Il y a des moments qui me manquent. Par exemple, les mises au vert à la Colaissière où je suis d’ailleurs retourné déjeuner avec Lolo (Amisse) et la famille. On recevait un accueil extraordinaire. On avait nos chambres attitrées. J’étais tout le temps avec Mathieu, on avait les lits à baldaquin, on jouait à la Playstation. On avait la petite tarte aux poireaux, les pâtes au saumon, la petite sole. Je souhaiterais à n’importe quel joueur de vivre ça. Même si tu m’enlèves l’année du titre, je garde ces moments de partage, ce qu’était le FC Nantes de cette époque-là. En 2005 ou 2006, ça commençait vraiment à partir en vrille. Le foot a évolué aussi. On ne s’y retrouverait peut-être pas.
Avez-vous retrouvé cet esprit familial dans un autre club ?
- À Bastia (saison 2002-2003), j’ai retrouvé un bon groupe avec « Pio » (Sébastien Piocelle) notamment. Il y avait Reynald (Pedros), qui était sur la fin. C’était un caractère spécial, il ne m’a jamais trop accueilli par rapport au FC Nantes. Il y avait Joce (Jocelyn Gourvennec) aussi, sympa. Il y avait Florian Maurice, Lilian Laslande, Fereira, Penneteau, Essien, déjà hors normes. On avait fini 7e cette saison-là. Je me fais les croisés contre Monaco. Je m’étais fait opérer à Marseille par le professeur Franceschi, qui avait aussi opéré Robert Pirès puis j’avais fait ma rééducation avec Dag’(Philippe Daguillon) à Nantes. J’étais super-bien parti. Quand je parle de se réinventer, je recommençais à retrouver mon côté un peu feu follet. Je n’étais plus à la recherche d’Eric (Carrière) ou Mathieu (Berson), le fameux triangle. Là, tu bombardais.
Au FC Nantes, était-ce compliqué de s’intégrer pour les recrues ?
- Non, c’est plus par rapport aux demandes techniques et tactiques. Mais Viorel (Moldovan) et Nestor (Fabbri) n’avaient rien à envier aux autres. Ils ont été une énorme plus-value, dans la mentalité, la grinta, ce qu’on n’avait pas forcément. Nestor, au début, on ne le trouvait pas forcément bon, lent, chiant, toujours à râler, à réclamer des cartons même à l’entraînement ! Raynald ne disait rien. Nestor, c’était le patron. Toi, ça te fout les boulasses. En dehors, super mec. On se dit qu’il a un problème. Rapidement, tu te dis : « Ouais d’accord, je comprends mieux. » Avant le match, il fait les 100 pas. Tu te dis : « Mais qu’est-ce qu’il fait ? » Il était habillé. Il mettait tout le temps des vissés, même quand le terrain était sec. Il jouait tout le temps comme ça. Je pense que les défensifs ont dû apprendre à ses côtés. Sur le terrain, il faisait ce qu’il fallait pour qu’on lui fasse confiance. Viorel, il joue comme il s’entraîne. Un personnage. On était proches en dehors, c’est un mec super humain. Comme Mathieu (Berson). Lui, c’était mon meilleur pote mais à l’entraînement ou en match, il pouvait m’engueuler, m’insulter. « Tu ne reviens pas défendre… ». C’est bien après la saison du titre mais Mathieu, il s’est déjà barré de l’entraînement en Autriche car il avait raté ses trois premières passes. Il détestait ça. Il n’a rien dit à personne, a enlevé sa chasuble et est rentré dans sa chambre. Lolo dit à David Marraud et Fabrice Bryand d’aller voir… Il n’avait rien sauf que ça l’avait gonflé.
Quand Viorel arrive au FC Nantes, il a l’impression d’intégrer une équipe de « nains ». Était-ce une spécificité nantaise ?
- Il s’attendait à des golgoths. Ils ne recherchaient pas de joueurs de ce profil-là au centre de formation. On était plus sur les joueurs vifs, techniquement à l’aise, la recherche du mouvement. Ils recrutaient aussi en fonction de l’humain, des mentalités des joueurs. Tu avais des joueurs comme Rubio (Olivier Monterrubio), une patte gauche extraordinaire, Charles (Devineau) qui m’impressionnait beaucoup. Le collectif était vraiment au-dessus de tout. Il n’y avait pas de stars, même si Eric (Carrière) en est devenu une quand même. Nico Gillet a touché un peu l’équipe de France. Da Roch' n’a jamais passé le cap mais il aurait peut-être pu voir autre chose. Il était très ancré à Nantes. « Rubio » a fait de super belles choses à Rennes. Mathieu (Berson) aurait dû faire beaucoup mieux que ça. On lui rappelle souvent. Il aurait pu rester à Nantes. On aurait pu être ce clan de joueurs si on avait été certains des ambitions du club, d’avoir les mêmes dirigeants, de conserver ce même environnement. Je pense qu’on serait tous restés. Dès que tu sens que tout part un peu en banane, que ce n’est pas clair, les tentations font que certains s’en vont. Et ils ont bien eu raison de tenter leur chance. Sylvain (Armand) s’est imposé au PSG où il s’est réinventé. Il aurait pu jouer partout. Avec Zian' devant lui, ça marchait super bien. Des fois, ils s’engueulaient sur le terrain mais on a tapé des fous rires à table avec ces gars-là.
Vous avez vécu une histoire parfois tourmentée avec le public nantais…
- Ça a été délicat par moments. Je me suis un peu « fighté » avec la Brigade. J’ai pris cher. Mon beau-père (Loïc Amisse) a ensuite été sur le banc. Ce n’était pas évident à assumer. Et quand tu ne fais pas forcément ce qu’il faut sur le terrain, les gens ne cherchent pas nécessairement à comprendre. Quand tu es sur le terrain, tu ne t’en rends pas trop compte. C’est quand tu sors aux abords du stade, dans le regard des gens, tu sens que quelque chose ne va pas. C’est vrai aussi à travers vous, les journalistes. Tu intéresses un peu moins de monde. Mais ça ne m’a jamais dérangé. Et puis, tu ne le ressens pas auprès de tes coéquipiers, qui t’accordent toujours la même importance et ça, c’est bien. Personne ne te dit : « Tu as été bidon hier ». On est assez grand pour savoir si on a fait un bon match ou non. Moi, je n’ai jamais trop fait gaffe aux notes dans les journaux. Mais, dans le milieu du foot, il y en a plein qui sont vachement focus là-dessus, quitte à appeler le journaliste pour se plaindre. Moi, tu me mets 3, je ne sais même pas comment tu t’appelles, je vois peut-être ta tête mais je m’en fous complètement.
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Malgré tout, ça ne vous a pas empêché de jouer la Ligue des Champions (7 matches) !
- Voilà ! Ça, on ne pourra pas me l’enlever. J’ai fait quelques matches, j’ai marqué contre le Bayern, même si le but n’est pas extraordinaire, sur une passe de mon pote (Sylvain Armand) en plus. J’aurais marqué un but à Oliver Kahn. Il y en a beaucoup qui auraient aimé s’arrêter là-dessus. Ça me va très bien. Étienne Didot, un super joueur, est pote avec Mathieu (Berson). On en parlait récemment avec lui, lors d’un barbecue. Il nous disait : « Oui mais les gars, vous, vous avez des titres ». Ben oui, on a des titres avec notre club formateur. Ça, tu t’en rends compte quand tu arrêtes. Tu fais un petit flash-back, tu te dis : « Je n’étais pas tout le temps au top quand même, ce n’était pas terrible des fois ». Mais bon, champion de France, coupe de France, finaliste de la coupe de la Ligue, plus quelques matches de Ligue des Champions…
Vous dites avoir peu de souvenirs de matches de championnat mais avez-vous des flashs concernant des matches de Ligue des Champions ?
- Oui, car c’est d’une autre intensité. Tu passes un cap. Tu sens d’ailleurs que tu n’as pas forcément le niveau mais tu es content. Tu as la musique, les joueurs que tu vois à la télé sont à côté de toi. Tu y vas quasiment en spectateur-joueur. En tout cas, moi, c’est comme ça que je l’ai pris. Nous, on fait les « kékés » à Nantes, mais dès que tu vas à Manchester, à la Lazio, à Galatasaray… Je me souviens de l’échauffement des Turcs là-bas, c’était impressionnant. Les joueurs étaient appelés par le public. Ils arrivaient chacun leur tour. Ils étaient ovationnés. Nous, on regardait ça, on en oubliait de s’échauffer. Il y avait une telle ferveur. Nous, on est Nantes, les supporters turcs ne nous ont pas trop fait ch… Mais les derbies là-bas, ça doit être tendu quand même ! Manchester, tu croises les Beckham, Veron, Blanc, c’était impressionnant aussi. Veron, il te faisait des transversales de l’extérieur du pied, tu te dis : «Mais comment il fait ça le mec ?». Ça paraît facile le foot quand tu les vois jouer. Toi, tu essaies, ton pied tape la terre (rires) ! À l’aller, le ton était monté entre Sylvain (Armand) et Van Nistelrooy. Ils se sont embrouillés sur le terrain et ça a continué dans le tunnel. Sylvain, ce n’était pas un petit gabarit mais tu vois Van Nistelrooy, c’est du costaud.
Fouler la pelouse de ces stades doit quand même offrir des sensations uniques ?
- Oui, on s’entraînait la veille sur ces terrains. Là, tu t’amusais. Tu tentais tout, des bicyclettes etc. Tu faisais le fou. Le lendemain, tu le faisais moins (rires). Tu te disais : « Tiens, le terrain est plus grand, c’est bizarre…(rires) ». Aujourd’hui, quand on regarde des matches de Ligue des Champions, on me dit : « Hassan, qu’est-ce que tu en penses ? » « Eh je suis comme vous les gars. Je ne vais pas vous dire si Neymar est bien ou pas. On n’a pas fait le même métier. » Ce sont des joueurs qui dominent leur sport. Je ne peux pas me permettre de dire quoi que ce soit. Ils sont tous bien au-dessus de ce que j’ai fait. J’ai fréquenté la même cour à un moment donné, on a partagé un petit peu ce monde-là, mais eux sont allés tout en haut et moi, j’ai redoublé (rires). Après, tu peux jouer à Limassol et faire la coupe d’Europe.
Êtes-vous collectionneur et si oui, vous reste-t-il des souvenirs de cette période ?
- J’ai quelques maillots que mon fils garde dans sa chambre. J’en ai donné pas mal. J’ai même des maillots qui me tenaient à cœur et que j’ai donnés : celui de Michael Essien, celui de De la Pena avec la Lazio, je ne sais pas du tout où il est, celui de Hargreaves du Bayern, un autre de Manchester. J’ai des maillots de Nantes mais pas forcément de l’année du titre. On avait reçu une montre Breitling avec notre nom gravé, la date, l’année du titre, je l’ai donnée à mon beau-frère. J’ai retrouvé le coffret bleu avec la médaille de la LNF (Ligue Nationale de Football, ancêtre de la LFP). J’ai quand même encadré les maillots de Mathieu (Berson), Sylvain (Armand) et un maillot Europe 1 de Lolo (Amisse). Ça, c’est le vrai FC Nantes.

Fabbri qui réclamait des cartons même à l’entraînement :-D
Et la réflexion admirative de Didot sur les titres du FCN :smt045
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar ar poulgwenn » 27 Avr 2021 19:01

Merci :smt023
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar nauntt » 28 Avr 2021 10:55

Un bon gars, le Hassan. Partagé quelques soirées dans un resto american grill rue Baron, dont le nom m'échappe et qui n'existe plus. On avait un pote en commun. À l'époque il sortait avec Émilie Amisse, avec qui il s'est visiblement marié depuis.
Un mec plutôt simple, accessible, pas du tout la grosse tête. Ça me faisait un peu drôle de l'avoir à ma table alors que je l'avais pourri la veille en tribune. :oups:
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Tarif Maison » 30 Avr 2021 20:58

Au tour de Moldo.

Moldovan : « Peut-être que le Barça s’est inspiré de Nantes »
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Il y a vingt ans, en 2001, le FC Nantes décrochait son huitième titre de champion de France. Il s’agit toujours de sa dernière conquête du championnat, de son dernier titre tout court. Ouest-France a retrouvé les acteurs de cette saison imprévisible. Depuis sa Roumanie natale, Viorel Moldovan a pris le temps de se remémorer ces bons souvenirs.

Ouest-France a retrouvé les acteurs de cette saison imprévisible, lancée après un maintien acquis sur le fil. Viorel Moldovan a débarqué de Fenerbahçe en début de saison pour endosser le costume de buteur clinique de cette équipe joueuse. Avec brio : le Roumain termine meilleur buteur de la saison avec 22 buts toutes compétitions confondues (dont onze en D1).
Ensuite, il restera trois autres saisons sur les bords de l’Erdre, participant à 94 rencontres (50 réalisations). Après un passage en Suisse et un retour en Roumanie, sa carrière s’arrête en 2007 pour devenir entraîneur, notamment au Rapid Bucarest (2013-2014) ou à l’AJ Auxerre (2016). Depuis la fin de son contrat au Petrolul Ploiești (D2 roumaine), en 2020, Viorel Moldovan est à la recherche d’un nouveau club.

Viorel, quels souvenirs gardez-vous de la saison 2000-2001 ?
C’est un plaisir de repenser aux moments où nous sommes devenus champions. Toute la saison était magnifique. Compte tenu du jeu que l’on a pratiqué, je ne crois pas que ça a été une surprise (d’être titré, N.D.L.R). Des fois quand je regarde ces matches, que je vois la qualité technique des joueurs et la dynamique du jeu qu’on a proposé, c’est assez intéressant. Quand je parle de Nantes, ce qui me vient tout de suite en tête, c’est le jeu à la Nantaise même si je ne connaissais pas beaucoup avant de venir. J’ai appris, quand je suis venu, à Nantes, la philosophie et le jeu proposé. Quand je regarde nos matches de cette saison 2000-2001 à la télé, avec la dynamique, les joueurs techniques, le jeu en vitesse, avec des Carrière, Ziani, Monterrubio, Da Rocha, Olembé… Les défenseurs aussi, qui poussaient beaucoup, avec à droite Laspalles, Silva et Sylvain Armand de l’autre côté… C’était des défenseurs qui avaient un appétit offensif intéressant, qui proposaient. C’était un jeu assez complet.
On a beaucoup parlé du FC Barcelone dans les années 2010, de jeu de passes courtes, de la dynamique proposée par les joueurs, en mouvement, un jeu fait pour attaquer. Mais quand tu vois Nantes, des fois, tu te dis, peut-être que Barcelone s’est inspiré de Nantes ! C’est vrai parce que c’était un peu après notre époque qu’ils ont commencé à dominer l’Europe avec deux titres. Tu regardes la dynamique, c’est un peu le jeu à la Nantaise.
Quelles étaient vos premières impressions quand vous avez découvert ce jeu à la nantaise ?
Quand je suis arrivé à l’entraînement, j’avais des difficultés. Quand je devais attaquer j’étais en défense, quand je devais défendre, j’attaquais… J’étais à contre temps. Je me suis dit : « Ok, j’arrête un peu, je vais réfléchir un peu de mon côté à ce que l’entraîneur demande. Je dois prendre le rythme des autres joueurs. » C’est dur au début, car la façon de jouer est très collective, tout se fait par le collectif, on attaquait ou défendait tous ensemble. Ce qui est assez intéressant. On arrivait très vite vers le but adverse grâce à la transition positive, c’était impressionnant. Au moment où l’on récupérait le ballon, tous les joueurs sortaient de leur position.
Vous avez été surpris de la taille de vos coéquipiers à votre arrivée, nous racontait Frédéric Da Rocha…
Quand je suis rentré dans le vestiaire, je me souviens très bien, la première image que j’ai, c’est que les joueurs n’étaient pas très grands ou costauds. C’était des joueurs de taille moyenne. J’étais allé voir le premier match à La Beaujoire contre Lens (défaite 0-2), avec Robert Budzynski (directeur sportif). Je n’étais pas encore préparé, et quand tu vois l’équipe de Lens comparativement à celle de Nantes dans le tunnel, les Lensois étaient assez énormes, costauds physiquement, athlétiques. Je me suis dit « Oh p*****, ça va être difficile». Mais quand le match a commencé, Lens ne touchait pas le ballon ! Nantes jouait. On avait beaucoup d’occasions mais on ne marquait pas. Robert Budzynski m’a dit « C’est pour ça qu’on t’a acheté ». On emmenait bien les ballons devant, facilement, mais on ne marquait pas.
Même à l’entraînement. Chaque joueur savait, les yeux fermés, où l’autre allait envoyer la passe. Ça m’a beaucoup frappé la qualité technique des joueurs et les automatismes.
Vous réussissez des débuts tonitruants…
C’était chez nous, contre Marseille (J4). On était mené deux buts à un (Leroy et Paraiba pour l’OM, Olembé pour le FCN). Je rentre à vingt minutes de la fin. On a gagné 3-2, j’ai réussi à marquer pour la victoire, et ça m’a surtout donné beaucoup de confiance. C’était très important pour bien débuter. Pour moi, pour les spectateurs, pour les coéquipiers et les dirigeants.
Vous marquez à la 93e minute. Ce sont des buts particuliers, quels souvenirs en gardez-vous ?
C’est un match très important quand tu gagnes à ce moment-là. C’est important car on égalise (par Nestor Fabbri) puis on marque dans le temps additionnel, il faut s’imaginer ! Tu donnes de la confiance. Ça veut aussi dire que le groupe a du caractère, de la force mentale. C’est très important pour les matches suivants et la saison que l’on a fait.
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Vous parlez de caractère. Avec Nestor Fabbri, c’était votre rôle d’apporter cet état d’esprit dans l’équipe ?
Oui, moi je suis fait comme ça. Mais même aujourd’hui, en tant qu’entraîneur, ma philosophie c’est « Tu t’entraînes comme tu joues». Je ne pouvais pas m’entraîner sans y aller à fond. J’étais comme ça, j’avais l’habitude d’être généreux dans l’effort, de me bagarrer en tant qu’avant-centre avec les défenseurs, leur mettre la pression, être agressif dans le bon sens du terme. C’est important pour l’équipe d’avoir une ambiance un peu comme ça. C’était ma façon de faire. Mais même aujourd’hui quand je joue, même si c’est rare (rires), pour un match entre amis, je n’ai pas peur. Je ne sais pas jouer tranquillement. J’ai envie de me battre. Je ne pouvais pas m’entraîner en faisant juste acte de présence. Quand je rentre sur le terrain, je sais que je dois tout donner. Des fois, tu peux te louper, avoir un jour sans, mais tu dois te battre. Tu dois tout donner car les supporters sont toujours là pour te voir et ils apprécient. C’est normal de faire des erreurs, on n’est pas parfait, mais on ne peut pas s’arrêter de courir, on doit tout donner, mouiller le maillot.
Jusqu’à parfois, lors des entraînements, donner des coups aux coéquipiers comme ils nous ont raconté…
Je sais, je sais… Mes coéquipiers étaient parfois un petit peu étonnés au début. Ils se disaient « Regarde le fou, il met des coups ! » Mais j’étais fait comme ça. Après, ils commençaient à s’habituer (sourire). Je me souviens de Mario Yepes, il m’appelait « El toro » (le taureau). Mais à l’entraînement je mettais toujours les protège-tibias (rires).
Je courrais 90 minutes, c’était mon boulot, je travaillais. Après l’entraînement j’étais ami avec tout le monde, après le match pareil. Quand on rigole, on rigole, quand on travaille, on travaille.
À votre arrivée, vous avez beaucoup couru en compagnie de Georges Eo, l’entraîneur adjoint…
J’ai beaucoup couru dans la forêt, oui ! Je m’en souviens très bien. Je n’ai fait que de la course pendant deux ou trois semaines, je pense. C’était du travail supplémentaire, avec Georges. C’était magnifique, j’aimais beaucoup être avec cette personne. Il était toujours positif. Avec Philippe Daguillon (le kiné) aussi.
Comment avez-vous vécu votre intégration dans le groupe après votre arrivée depuis Fenerbahçe ?
Bien, j’ai essayé de m’adapter le plus vite possible. Je savais que tout le monde attendait beaucoup de moi, ils m’avaient acheté pour que je marque des buts. Je savais qu’à Nantes, la philosophie du coach Raynald (Denoueix) était qu’il fallait marquer, mais défendre aussi. J’avais le profil. Je pense que je me suis vite adapté. J’ai eu la chance surtout de marquer le but contre Marseille, de prendre un peu mes repères, de me faire respecter par les collègues et les supporters. Ça, c’est très important quand tu débarques dans un nouveau club. J’ai essayé ensuite de bien me préparer pour les partenaires, d’être à l’écoute, de sentir le groupe. C’est important car tu dois offrir avant de recevoir. Je ne peux pas attendre de recevoir sans offrir quelque chose. C’est moi qui dois faire le premier pas vers le groupe pour m’intégrer, être généreux avec eux pour que le groupe me respecte. Quand tu fais ton boulot, le groupe te respecte. Je n’avais pas la grosse tête, je savais que c’était important de beaucoup travailler, surtout en Bretagne ! (sourire)
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Aviez-vous un rôle de chef, à 28 ans, dans un groupe aussi jeune ?
Je ne me suis pas érigé comme un leader. Tout ce que je faisais, pendant les entraînements ou les matches, faisait que j’étais un exemple pour les jeunes, j’imagine. J’essayais toujours de les aider. Je me souviens des fois où j’allais m’entraîner avec la deuxième équipe. C’était Loïc Amisse l’entraîneur, il y avait beaucoup de jeunes. Je donnais des consignes, j’essayais de les aider et de faire mon boulot avec beaucoup de professionnalisme. J’étais apprécié, je pense. J’avais de bons rapports avec les jeunes car ça me plaît beaucoup les jeunes joueurs. J’essayais d’être un repère pour eux. Quand tu as 28 ans, que tu es international, tu pourrais te dire « Je m’en fiche de m’entraîner avec les jeunes ». Mais moi, pas du tout, je respectais ! J’essayais d’être à leur côté. J’aimais ça. Je m’entendais bien avec Marama (Vahirua), (Hassan) Ahamada, Mathieu Berson, Sylvain Armand, Eric Dejmba-Djemba, Alioune Touré (il cherche les noms pour n’en oublier aucun)… Il y en avait beaucoup !
En dehors de Marseille, est-ce qu’il y a d’autres matches important pour vous cette année-là ?
Il y a des matches intéressants et spéciaux qui te donnent une bonne direction pour la saison. Quand tu gagnes le championnat de toute façon, chaque match et chaque point sont importants. Il y a aussi eu un moment où on a perdu quelques matches, autour de septembre.
Un match intéressant aussi, que je n’ai pas joué, c’était à Monaco (J2), on a gagné 5-2, après la défaite initiale contre Lens. On avait pris de la confiance, on avait enchaîné quelques matches, quelques victoires. En décembre, on gagne 2-0 contre Bordeaux, alors qu’on avait perdu 5-0 à domicile en septembre, on a bien réagi. C’est parfois bizarre la direction que te donnent des matches, l’influence sur le moral. Il faut aussi parfois un peu de chance pour prendre la bonne direction.
Des joueurs vous ont marqué pendant cette saison-là ?
Chacun de nous a eu son moment je pense. Je peux dire qu’Oliv’Monterrubio a eu des très bons moments dans la saison, Da Roch’aussi, moi aussi, Marama… Les autres aussi. Chaque joueur a apporté quelque chose à l’équipe, dans des moments importants. Quand quelqu’un ne marchait pas, c’était l’autre qui faisait la différence. On a compensé et partagé le travail d’équipe. Chacun de nous a été bon. Tu ne peux pas être super performant du début à la fin d’une saison de toute façon. Les défenseurs ont eu leurs moments, même Micka (Landreau). Oh Micka… Magnifique Micka aussi ! Chacun de nous a été récompensé par le jeu collectif.
L’année suivante, c’était la participation à la Ligue des Champions. Quel est votre ressenti par rapport à ce très haut niveau ?
Je me suis blessé donc je n’ai pas pu beaucoup jouer à l’automne, dans la première phase. On a eu un groupe difficile, mais on l’a gagné, contre la Lazio, Galatasaray et le PSV Eindhoven. Quand tu te qualifies avec la première place face à ces équipes, ça veut dire qu’on avait des qualités. Mais on ressentait la fatigue en championnat. C’est assez difficile car tu consommes beaucoup d’énergie et dans les matches de Champions League la concentration est grande. Tu es épuisé physiquement et mentalement et c’est difficile de faire face. On n’avait pas une équipe expérimentée. C’était difficile à gérer dans une telle compétition et en championnat. On était relégable, c’était délicat. On ramait. Mais d’un côté, quand tu as des jeunes joueurs qui donnent tout en Ligue des champions c’est normal d’avoir des situations comme ça.
Que vous a apporté Raynald Denoueix dans votre carrière d’entraîneur ?
Beaucoup ! La façon d’être comme entraîneur, pendant l’entraînement mais aussi pendant le match. Il était calme, ok, mais ça ne se voit pas qu’il est nerveux. C’est le successeur de Jean-Claude Suaudeau dans la philosophie de jeu. Quand on parle de Nantes, on pense à Suaudeau, Denoueix, Budzynski. C’est le jeu à la nantaise, issu d’un centre de formation magnifique, qui a proposé des joueurs internationaux. On parle de Deschamps, de Dessailly, Karembeu, Bossis, N’Doram. Des grands joueurs.
Vous gardez des contacts avec des joueurs de cette époque ?
Pas assez. Mais c’est difficile, chacun a ses occupations. Mais ça me ferait plaisir de les revoir. Mickaël Landreau avait eu une initiative pour refaire le match contre Calais, vingt ans après, c’était difficile avec le Covid.
Quel souvenir gardez-vous de la Beaujoire ?

Les supporters de Nantes vont me rester toujours dans le cœur. Je suis fier d’avoir fait partie de ce club, d’avoir joué pour lui. C’est magnifique. C’était un plaisir de porter ces couleurs.
Vous avez entraîné Auxerre en 2016, vous avez eu envie d’entraîner un jour le FC Nantes ?
Toujours ! J’espère qu’à un moment ou à un autre ça viendra ce moment pour moi. J’espère pouvoir revenir en France. C’était mon objectif avec Auxerre (en 2016), mais ça s’est mal passé. C’est comme ça la vie de coach, c’est difficile, tu dois toujours avoir la valise prête à côté de toi (rires).

Ah Moldo...
97 matches pour nous, 50 buts. Et ce premier but contre l’OM, aux pieds d’une tribune Loire qui chavire. :smt007
Je viens de revoir les 20 dernières minutes, celles qu’il a jouées. Il se bat, ne touche quasiment pas un ballon, et à la 93ème, bim, but de la tête sur corner de Ziani. C’est marrant j’avais gardé le souvenir d’un soir de grand soleil, et je redécouvre qu’il avait plu à mort toute la soirée. En plein mois d’août.
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Messagepar napoleon » 01 Mai 2021 6:49

Ah oui. Cette tête !! Un grand moment !!
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Messagepar jonaldo » 01 Mai 2021 21:51

Marrant qu'il cite Silva (première question), mais après vérification, le Portugais a quand même joué vingt matches cette saison-là. J'avais l'impression que c'était beaucoup moins.

Ca mériterait peut-être une interview aussi. :smt102
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Messagepar petit-breton » 02 Mai 2021 1:45

napoleon a écrit:Ah oui. Cette tête !! Un grand moment !!

C'est le meilleur match que j'ai pu voir à la Beaujoire je pense. Le scénario parfait, le but d'Olembe face à la tribune Erdre, à nos pieds, avec le salut militaire. Ce soir là, le match était aussi chouette à voir que la tribune Loire. :smt007
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Tarif Maison » 02 Mai 2021 8:10

Dans sa série Paroles d’ex, L’Equipe consacrait ce matin un papier à Kalman Kovacs.
Et il dit un truc qui m’interpelle :
L’anecdote sur Guy Roux que vous n’avez jamais racontée ?
- Après ma carrière, je lui ai demandé comment il avait réussi à avoir un tel centre de formation. Il m’a expliqué qu’il restait un peu d’argent après leur première année en D1 (1980-1981). Pour acheter le numéro 10 du FC Nantes ou le terrain situé derrière l’Abbé-Deschamps, pour construire le centre. Le président Hamel et lui ont mis leur choix sur un petit bout de papier. Quand ils les ont dépliés, ils avaient écrit la même chose : le terrain. C’était vraiment des visionnaires et Guy Roux est un grand monsieur.

Il parle de quel numéro 10, là ??
J’ai regardé qui était aligné au milieu cette année là, Pierre Morice, Fabrice Poullain ou Gilles Rampillon (finalement parti 1 an plus tard à Cannes). Ce serait lui ?
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Messagepar Vikingix » 02 Mai 2021 8:32

Y'a aussi Michel en fin de carrière, Adonkor dans ses premières années, et Oscar Muller.
Qui portait le numéro 10 à l'époque ?
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Messagepar oliviergb2 » 03 Mai 2021 15:28

rampillon était 10
Muller était 7
Michel était 5 déjà je crois
E. Trossero 6 ou 5

Morice c'était après : ses premiers matches sont pendant la saison 82-83 au plus tôt (saison pendanlt laquelle le 10 était Touré)

ça c'est mes souvenirs de vieux à vérifier
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Messagepar Tarif Maison » 04 Mai 2021 7:21

Effectivement, ça doit être Rampillon, qui porte le 10 sur certaines photos. Merci.

Sinon dans la série des 20 ans du titre, notre serial buteur des matches retour.

Marama Vahirua : « Avec le club, on était faits l’un pour l’autre »
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Il y a 20 ans, le FC Nantes décrochait son 8e titre de champion de France. Ouest-France a retrouvé les acteurs de cette saison imprévisible, lancée après un maintien acquis sur le fil. Un joueur relie ces deux saisons au cours desquelles le FC Nantes a emprunté l’ascenseur émotionnel. Marama Vahirua, auteur du but de la délivrance au Havre un an avant de parachever l’œuvre collective face à l’AS Saint-Etienne, au soir du 12 mai 2001 (1-0), le jour de ses 21 ans. Chouchou de la Beaujoire, le pagayeur le plus célèbre du football français s’est établi à Nice après une parenthèse de sept années chez lui, en Polynésie. Le Tahitien a intégré l’OGC Nice, son ancien club, où il est entraîneur-adjoint et coach des attaquants en U17.

Marama, vous êtes passé par toutes les émotions au FC Nantes. Qu’évoque la saison 2000-2001 pour vous ?
On avait une très belle équipe avec une ambiance familiale et surtout à la clé, il y a un titre. L’année précédente, on se maintient à la dernière journée. C’est la magie du football. Avec quasiment les mêmes joueurs, notre cote pour le titre de champion devait être incroyable. Même nous, on n’aurait pas misé là-dessus. C’est un titre qu’on a obtenu avec les tripes, avec le cœur, on a sorti tout ce qu’il fallait. Il y avait une grosse ossature issue de la formation. C’était la force du club, son « business » si je puis dire, sans être méchant, sa politique. C’était de former des joueurs et de les vendre plus tard. Ça faisait pour certains cinq, six, sept ans qu’on jouait ensemble. C’était forcément plus simple.
Vous avez un souvenir très précis de votre arrivée à Nantes !
Je m’en souviens comme si c’était hier. Quand je suis arrivé au mois de mai, j’étais agréablement surpris et très heureux de retrouver un de mes frères aujourd’hui, John Gope-Fenepeje. Il était déjà au FC Nantes, c’était sa deuxième ou troisième année. Un Calédonien et un Tahitien, je me dis, c’est bon, j’ai signé de suite. Je pense que c’est lui qui a fait que j’ai signé au FC Nantes. La première fois, j’étais avec Gilles Albert et Loïc Amisse. Lors du premier entraînement, je les entendais discuter et s’adresser à moi mais comme si je ne parlais pas français :
« Ben si, on parle français chez moi »
« - Ah merde… »
Après, je suis rentré chez moi pendant l’hiver. Je devais rester deux semaines, je suis revenu à Nantes un mois et demi plus tard ! J’avais vu l’hiver, je ne voulais plus revenir. Je me disais : « C’est des malades ». J’ai fait le mort pendant deux ou trois semaines. Je l’ai remercié et je le remercie encore : Gilles Albert appelait tous les jours à la maison. Il ne me lâchait pas. Je disais à mon père. « Tu lui dis que je ne suis pas là. » À un moment donné, Gilles Albert s’est mis d’accord avec mon père. Je finissais la saison et je rentrais. Je lui ai dit un jour où on fêtait le titre. « Gilles, c’est grâce à toi que je suis là. » Il ne faut pas arrêter en cours. Vraiment, j’avais lâché, et lui a insisté.
La Jonelière a beaucoup compté dans votre parcours ?
Évidemment ! Je me souviens de tout. J’y suis retourné il y a 3-4 ans. J’ai montré ma chambre à mon fils, je lui ai expliqué comment j’ai grandi dans ce club-là. C’était beaucoup d’émotion et de fierté. Mon fils me dit : « Papa, tu es sur beaucoup de murs du club ».
C’est logique, vous avez gagné des titres sous ce maillot et ces générations formées au club…
Les titres, je les ai déjà oubliés, ce n’est pas important. S’il fallait choisir entre la famille qu’on avait à cette époque et un titre, je choisirais la famille, l’équipe, les potes. On s’est éclatés à se faire mal pour être meilleurs, tous les jours. Et c’est pour ça qu’on a eu des titres. On était heureux de vivre ensemble, on ne se cassait pas la tête. Ce n’est qu’une question de mentalité et nous, on l’avait. Là, aujourd’hui à 40 ans, je me dis que gagner un titre, sincèrement, c’est tellement compliqué que je suis fier de dire : j’ai gagné la coupe et le championnat. Ce n’est pas rien car être champion, ça veut dire qu’il faut être bon tout au long de la saison. C’est très compliqué. On le voit encore cette année avec le PSG.
Récemment, Hassan Ahamada nous confiait que votre groupe était travailleur mais savait aussi rigoler. Y a-t-il des moments particulièrement marquants ?
La saison du titre, on joue le derby Rennes/Nantes (28e journée, 4 mars 2001, victoire 2-0). La semaine du match, Da Roch’m’allume devant tout le monde pendant le tennis ballon : « Si tu marques ce week-end… » Je ne peux pas tout raconter, mais il y a une histoire de taureau… Je lui dis : « T’es mort ! ». Qu’est-ce qu’il se passe ? Je marque. On gagne. Et qui me fait la passe dé ? Da Roch’ ! Tout le monde était mort de rire à la fin du match. Il s’est bien fait chambrer ensuite.
Un titre, c’est forcément une consécration, la récompense d’un travail…
Oui, du travail collectif. Le foot, c’est avant tout le collectif et c’est ce que j’ai appris au FC Nantes. Peu importe le système, ce que tu veux mettre en place, si ton collectif ne réagit pas ensemble, c’est mort ! Quand tu n’as pas le collectif, il faut avoir un Neymar ou un Mbappé dans ton équipe. Maintenir le collectif sur le long terme, c’est compliqué. Nous, on se complétait. C’est là que tu vois toute la force de ceux qui ont formé cette équipe. Tu te rends compte aujourd’hui que c’était quasiment impossible et ils ont réussi l’impossible, pas uniquement sur une saison mais sur plusieurs années. Je pense qu’il y avait « un peu » de compétence au niveau de notre staff en fait (rires).
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Comment qualifieriez-vous le groupe qui a décroché le titre de champion ?
Je n’ai pas envie de ressortir un joueur plus qu’un autre mais tu en as qui subliment les autres. Dans notre équipe, il n’y en a pas qu’un et c’est notre avantage. On avait beaucoup de jeunes joueurs avec d’autres un peu plus expérimentés mais on n’avait pas cette grinta qu’un Nestor et un Viorel nous ont apportée. Eux, ils nous ont sublimés. À partir de là, le boulot est deux fois plus facile. Nestor, dans tous les jeux, les Spiel ou autres, je n’ai jamais vu un mauvais perdant comme ça. J’ai vu un reportage sur lui en Argentine, en fin de carrière, il jouait avec les vétérans. J’étais mort de rire. Je me dis : « C’est lui, c’est Nestor ! » Je n’aime pas perdre mais lui, c’est puissance 10. À l’entraînement, quand il était pris, il disait « Hors-jeu », il arrêtait le ballon avec les mains. Je me souviens de l’avoir insulté, il m’énervait quand il était comme ça. Il avait le même comportement en match et à l’entraînement. Il ne faisait pas la part des choses. Il avait la même routine, les mêmes vissés, la même taille de crampons à tous les matches mais il allait quand même voir le terrain. Je lui disais : « Nestor, ce n’est pas la peine de sortir, tu sais que tu vas jouer avec ces crampons. Je suis sûr que même sur le synthétique, tu vas jouer avec ceux-là. » Ce comportement tire l’équipe vers le haut, c’est sûr.
Viorel Moldovan est dans le même esprit…
Quand il est arrivé, je pars faire un match avec la CFA ce week-end-là Je n’étais pas tout le temps dans l’équipe fanion, qui jouait l’OM à la maison ce soir-là. Avec la réserve, on revient dans le bus. On entend à la radio : « But de Moldovan ! ». Je me dis : « Mais quoi, putain c’est qui celui-là ? ». J’ai joué avec lui quelques semaines plus tard. J’ai vu qui c’était ! Il m’appelait toujours « Petit’ » (rires).
À titre individuel, on a eu l’impression qu’il ne pouvait pas vous arriver grand-chose de négatif durant ces années-là, et notamment en 2001…

Oui et non. Franchement, aujourd’hui à 40 ans, tu m’alignes avec des mecs qui ne te mettent que des galettes autour de moi, je peux marquer encore 10-15 buts en championnat, sans me lancer des fleurs. Quand tu as des mecs comme Oliv’Monterrubio, Da Roch’, Eric Carrière, Moldovan à côté, qu’est-ce que tu veux qu’il t’arrive ? T’as que des galettes ! Je courais devant, le ballon arrivait et je poussais le ballon devant le but. Ça, je savais faire par contre. Ils te donnaient de la confiance. Quand tu as des mecs comme ça, tu sais que tu vas aller dans cette zone parce que tu sais que le ballon va arriver là. Ces mecs-là m’ont sublimé aussi. Merci à eux car cette saison-là a été extraordinaire pour moi. Après, c’était un peu plus compliqué. Je n’avais plus Oliv' ni Eric derrière moi. Il a fallu que j’aille plus chercher mes buts et quelque part, peut-être que je me suis un peu relâché aussi.
Vous étiez insouciant, spontané. À la mi-temps du match contre Strasbourg, alors que vous menez 4-0, vous êtes interviewé sur Canal Plus et vous dites : « On a un pied et quatre orteils dans l’avion… »
Je ne calcule pas. Je me suis fait chambrer par tout le monde la semaine suivante. « On a les pieds, les doigts de pied, le pouce… ». Ils m’ont tous allumé. Ils se foutaient de ma gueule. Moi, je ne savais même plus ce que j’avais dit. J’étais un bon client quand même (sourire).
Deux de vos buts ont particulièrement marqué les esprits : celui du maintien au Havre en 2000 et celui du titre, un an plus tard, face à Saint-Etienne.
Les gens me disent souvent : « Le but que tu retiens, c’est le titre. »
« - Mais non, sans le premier (Le Havre) il n’y a pas le deuxième. »
Ce n’est pas moi qui ai fait gagner l’équipe, c’est faux de penser ça, mais le but du maintien a une saveur particulière car on s’est fait ch… toute la saison en championnat, c’était difficile alors qu’on rayonnait en coupe. On était sur un nuage.
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Puisque l’on évoque le match du maintien au Havre la saison précédente, comment avez-vous vécu personnellement l’enchaînement entre la finale de la Coupe de France contre Calais et ce match couperet face au HAC quelques jours après ?
C’est un truc de dingue. Le coach me convoque le matin de la finale. « Écoute, j’hésite. Voilà la feuille de match. » Je regarde, je suis titulaire. Je vais jouer ! Il me montre une deuxième feuille sur laquelle je ne suis pas… Il me dit : « J’ai hésité jusqu’à ce matin mais je t’enlève de l’équipe… »
« -Mais comment ça ? ».
« -Je mets Charles Devineau à ta place ».
Ses remplaçants étaient prévus, donc je n’étais pas dans le groupe. J’étais dégoûté évidemment.
« Coach, c’est vous qui décidez » parce que moi, je la veux cette coupe. J’étais énervé, pas contre lui, mais dans le sens où je me dis : « Merde, je ne vais pas jouer ». Ce n’est pas grave. On est allés au match, j’étais heureux d’être là pour encourager les copains. J’étais avec Pascal Delhommeau dans la tribune. Une semaine plus tard, on joue le Havre. Il vient me voir trois ou quatre jours après la finale et il me dit :
« J’ai fait une erreur. J’aurais dû te mettre. Tu joues Le Havre. »
« -Oh putain merci (rires) !!! ».
Dans ma tête, je me suis dit : « Je vais te montrer que tu as eu tort de ne pas me faire jouer ». Après, j’ai eu beaucoup de réussite car tu peux te dire ça et ne rien faire derrière.
Au FC Nantes, quelles relations entreteniez-vous avec vos entraîneurs ?
Ce n’était pas des coaches mais des pères. Ils nous inculquaient des valeurs, chacun à sa manière, avec son discours. Ils nous accompagnaient tout au long de notre formation, jusqu’au transfert pour changer de club. Ils étaient avec nous du début à la fin. Je connaissais Jean-Claude Suaudeau de nom, mais je ne connaissais pas l’homme. Quand je suis arrivé, il est venu me voir et m’a dit : « Je vais être ton parrain, je vais te driver au club ». « - Ok, merci Coco », et je le tutoie. Chez moi, tout le monde tutoie, c’est une marque de respect en fait. Là, on m’a dit : « Tu es fou, on ne tutoie pas Jean-Claude Suaudeau ! ». Lui me répondait sans méchanceté. Mais derrière, j’ai appris que le respect, en France, c’était le vouvoiement. « Ok, on va vouvoyer alors. » Quand j’étais titulaire et que je marquais en plus, il venait me voir et il me disait : « Je ne sais pas ce que Raynald a avec toi mais moi, je ne te ferai pas jouer. » Il aimait bien me titiller. Mitiana (son épouse) lui répondait ! Et moi, je lui disais. « Mais ça ne va pas chérie, c’est Jean-Claude Suaudeau ! » Lui, il était mort de rire, il aimait ça. Il me disait : « Ah, je l’aime bien ta femme. » Moi, je transpirais comme un malade ! Je ne pouvais pas jouer avec lui, c’était mon supérieur.
D’ailleurs, Jean-Claude Suaudeau ne vous a pas lâché !
J’en ai encore les oreilles qui sifflent. Combien de fois il est arrivé par-derrière pour me tirer les oreilles parce que j’avais fait le con ou pas répondu présent. Pendant un an, il m’a remis à ma place. J’étais un jeune branleur. Il n’y avait aucun cadre chez moi. Quand j’arrive, il y a des cadres à respecter partout. Moi, mon seul objectif, c’était se sortir de ce cadre. Combien de fois il m’a convoqué dans son bureau ! Je sortais, c’est comme si j’avais fait un footing d’une demi-heure, fallait que je me change ! Le coach Denoueix est beaucoup plus froid que Coco, plus difficile à cerner. À l’époque, il y a 20 ans, je ne maîtrisais pas tout au niveau de la communication. Pour avoir été comme Raynald Denoueix l’a été avec nous, c’est qu’il doit avoir un cœur énorme ce monsieur. Quand tu analyses les choses, tu te dis : « On a eu de la chance d’avoir des mecs comme ça… »
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De votre période nantaise, vous avez aussi gardé ce goût pour les jeux de cartes notamment…
Ce sont mes coéquipiers qui m’ont appris et maintenant je suis un dosé de ça ! Je me suis quand même fait insulter de temps en temps. Tu débarques, tu ne connais pas mais au bout d’une heure avec eux, il faudrait que tu sois déjà fort ! On mangeait ensemble après les matches. Il y avait une entente quasiment parfaite entre tout le monde. On était une famille.
Dans quel état d’esprit êtes-vous lorsque vous quittez le FC Nantes pour l’OGC Nice (2004-2005) ?
J’appréhendais car on me disait à l’époque que les joueurs du FC Nantes ne pouvaient pas s’exporter ou difficilement. Au final, j’ai retrouvé cette ambiance familiale à Nice, et même plus. À Nantes, on avait un cadre avec un niveau d’exigence élevé. On n’avait même pas le droit aux pizzas à l’époque. À Nice, quand j’arrive, la première chose qu’on me dit, c’est :
« Marama, tu payes tes pizzas… »
« - On a le droit ? » Ils étaient morts de rire.
« - T’inquiète pas, on n’est pas au FC Nantes ici ». C’était une autre ambiance. « On sait qu’on n’est pas le FC Nantes ici mais tu vas voir, on va jouer avec nos armes. » C’était la même chose que j’avais connue à Nantes mais avec un niveau d’exigence moins élevé car l’OGC Nice venait de monter en Ligue 1.
Vous auriez dû retrouver vos ex-coéquipiers nantais à l’occasion du 20e anniversaire de la finale de la Coupe de France contre Calais la saison passée. Vous vous étiez même préparé pour l’occasion avant que la situation sanitaire empêche la tenue de l’évènement…
Quand Micka (Landreau) m’envoie un message pour me solliciter, évidemment, je dis oui ! Logique. J’étais en surpoids de ouf. Je regarde ma femme, je lui dis :
« - Je vais m’entraîner. »
« - Pourquoi ? »
« - Il y a un match pour les 20 ans, faut que je sois au top. Je ne veux pas arriver en mode Bibendum… » C’est pour dire que je voulais retrouver les copains, qu’on allait s’amuser. Évidemment, ça va aller beaucoup moins vite qu’avant mais on va s’amuser. J’avais hâte.
Pour beaucoup, l’esprit qui régnait au FC Nantes appartient au passé. Partagez-vous ce sentiment ?
C’est ce que des personnes me disent mais je ne suis pas d’accord. L’esprit FC Nantes vivra toujours tant que nous, on continuera à le perpétuer. Je forme comme on m’a formé car je sais que ça marche.
On est obligé de revenir sur votre célébration lorsque vous marquiez un but, le fameux coup de pagaie qui est une marque déposée !
Savoir d’où tu viens pour savoir où tu vas, ça a toujours compté pour moi. C’est ma façon de vivre. Le respect des gens qui t’aiment, le respect des gens qui t’ont aidé et le respect aussi des gens qui ne t’aiment pas car c’est aussi grâce à eux que tu vas avancer. À ce moment-là, je me dis qu’il faut que je remercie les miens et ma mère en particulier. Le but en disant « c’est pour toi maman » à chaque fois, non ! J’ai fait ce signe pour la première fois en Coupe de France (1/4 de finale, le 31 mars 2001) contre Auxerre. On gagne (4-1), c’était un match tendu, en prolongation, Micka sauve deux penalties, je rentre et je marque un doublé et Micka me dit : « Garde-le jusqu’à la fin ». La pagaie que le maire de Nantes m’a offerte, je l’ai toujours. Avant ça, qui est allé pagayer à la mairie de Nantes ? Personne ! Quand je suis rentré à Tahiti. Je leur ai dit : « Je suis le seul mec à avoir fait pagayer plus de 25 000 spectateurs. À la Beaujoire, tout le monde s’est mis à genoux et on a tous pagayé. »
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Ce soir-là, celui du 12 mai 2001, vous aviez marqué le but vainqueur face à Saint-Etienne, celui de la délivrance, du titre et la Beaujoire avait basculé dans l’ivresse.
Je m’en souviens mais il y a beaucoup de choses que j’ai oubliées. J’étais trop insouciant. Je l’ai vécu, maintenant, on passe à autre chose, on avance. Je suis comme ça. Quand on me dit : « Qu’est-ce que vous avez fait cette journée ? Ce soir-là après le match ? » Je ne sais plus parce que je m’en fous en fait. Mes enfants m’ont dit : « Papa, on a retrouvé une médaille dans un carton, c’est marqué « Champion de France ». Mais tu es champion de France ! »
« - C’est un bout de métal, je m’en fous. Mais c’est gravé dans mon cœur, ça c’est clair ! »
Le métal, ce n’est rien. J’essaie d’inculquer ces valeurs à mes enfants. Les objets, ce n’est rien, ce sont les valeurs qui comptent. Mes répliques de coupe de France ? Je ne sais plus où elles sont. Elles sont là dans un carton. Les maillots du FC Nantes, bizarrement, je n’en ai plus aucun. À L’époque, mon père a dévalisé tous mes maillots. Par contre, tu vas sur mon île, tu vois beaucoup de maillots du FC Nantes avec mon nom dans le dos.
Que vous a apporté le FC Nantes dans votre vie d’homme ?
Tout. Sans lui, je ne serais pas devenu l’homme que je suis aujourd’hui, c’est sûr. Il faut le vivre, ça ne peut pas s’expliquer. Je n’ai pas les mots pour dire ce qu’ils m’ont appris mais je sais ce qu’ils m’ont appris. Les valeurs, les individualités au service du collectif. Aujourd’hui, c’est l’inverse la plupart temps.

Un bon mec, lui aussi, comme la très grande majorité des mecs du groupe.
Quand il dit que pleins de tahitiens portent son maillot, il est modeste : il oublie de citer Marlon Brando, qui avait fini ses jours en Polynésie, et qui lui avait demandé un maillot du FCN (son fils en était fan).
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar ar poulgwenn » 04 Mai 2021 7:50

Merci beaucoup pour les articles Tarif Maison :smt023
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Gui » 04 Mai 2021 11:59

Oui, un grand merci Tarif Maison :smt007

Toujours un plaisir à lire. Vahirua peut-être encore plus que les autres pour ces 2 passages-là :

Pour beaucoup, l’esprit qui régnait au FC Nantes appartient au passé. Partagez-vous ce sentiment ?
C’est ce que des personnes me disent mais je ne suis pas d’accord. L’esprit FC Nantes vivra toujours tant que nous, on continuera à le perpétuer.

:smt060
J’essaie d’inculquer ces valeurs à mes enfants. Les objets, ce n’est rien, ce sont les valeurs qui comptent.
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Tarif Maison » 12 Mai 2021 4:30

Dans la série des 20 ans du titre de O-F, au tour de Mario Silva. Dans « Sans Contrôle », le podcast Hit Ouest de S. Reungoat, J.M Boudard annonçait qu’il leur restait 3-4 joueurs à passer, dont 2 sûrs et 2 en cours, et qu’ils redonneraient la parole à Denoueix pour boucler la boucle.

Mario Silva : « Très vite, je me suis senti comme chez moi »
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Il y a 20 ans, le FC Nantes décrochait son 8e titre de champion de France. Ouest-France a retrouvé les acteurs de cette saison imprévisible, lancée après un maintien acquis sur le fil. C’est au tour de Mario Silva d’ouvrir la boîte à souvenirs. Le latéral gauche portugais était l’une des quatre recrues du club ligérien pour cette saison qui a mené les Canaris vers le sacre national.

Comment s’est décidée votre venue au FC Nantes ?
À l’époque, j’avais été séduit par le projet et le club. J’évoluais dans un bon club au Portugal à Boavista mais je voulais rejoindre un championnat plus compétitif, ayant d’autres conditions de travail et d’expression pour progresser. J’ai bien choisi puisque nous avons été champions. On a fait une très belle saison. J’ai beaucoup profité parce que quand je jouais, je prenais du plaisir. On n’a pas seulement gagné. On a gagné en jouant bien au foot. Pour ma première expérience à l’étranger, je ne m’étais pas trompé.
Quels souvenirs gardez-vous de votre arrivée à Nantes ?
J’arrive au stage en Autriche et j’ai été présenté officiellement quand nous sommes revenus à Nantes. Au début, ce ne fut pas facile en raison de la barrière de la langue. C’était le premier obstacle, sachant que c’était aussi la première fois que je sortais de ma ville, Porto, et de mon pays. Mais tout le monde m’a beaucoup aidé. On a été champion, parce que nous avions de bons joueurs mais aussi parce que nous avions de bonnes personnes dans l’équipe. Il y avait une très bonne ambiance.
Au départ, j’ai été plus proche de Nestor Fabbri, arrivé avent moi à Nantes, et de Frédéric Da Rocha qui parlait portugais. C’était plus facile pour eux de m’aider. Mais assez vite, je me suis très bien entendu avec tout le monde.
Parlez-nous de votre découverte de la Jonelière ?
Ce fut une grande surprise parce qu’à Boavista, on avait le stade et un terrain d’entraînement à côté. Quand je suis arrivé à la Jonelière et que j’ai vu tous ces terrains et toutes ces infrastructures, que j’ai vu toutes ces bonnes conditions pour s’entraîner au mieux, j’étais vraiment conquis. À cette époque-là, au Portugal, rares étaient les clubs possédant des centres sportifs comme celui du FC Nantes. J’ai compris que j’étais dans un grand club.
Comment vous êtes-vous acclimaté au jeu nantais et à la vie de ce groupe de joueurs qui se connaissaient depuis longtemps déjà ?
Ce ne fut pas simple puisque la grande majorité du groupe était issue de la formation. Mais on avait une équipe jeune avec des joueurs ambitieux et très compétiteurs. Le groupe a aussi favorisé l’acclimatation des nouveaux. Et très vite, on a eu l’impression d’être dans une famille. Je me suis très vite senti comme chez moi, pas comme une recrue venant d’un pays étranger.
Et en termes de football, connaissiez-vous le jeu à la nantaise ?
Oui. Au Portugal, à cette époque, on travaillait beaucoup le jeu de transition et collectif. Quand j’arrive à Nantes, je vois que le jeu collectif est la priorité, que l’équipe veut contrôler le match et tenir le ballon. C’est pour cela que je dis que l’on ne se contentait pas de gagner, on prenait du plaisir à jouer ensemble, à courir ensemble. C’est la raison pour laquelle, j’ai aussi beaucoup aimé cette année à Nantes. Cela correspond aussi à ma formation et à ma philosophie. Mais ma réalité au Boavista était différente. On avait un jeu plus direct.
Assez vite, vous êtes mis en concurrence avec Sylvain Armand. Comment l’avez-vous vécu ?
Ce fut assez difficile. Je venais à Nantes pour être titulaire. Ce fut le cas au début. Joueur, on est un peu égocentrique ; comme maintenant, je suis entraîneur, je comprends mieux les choix à effectuer. Longtemps, on était engagé dans quatre compétitions (L1, les deux coupes nationales et la coupe UEFA), Raynald Denoueix faisait donc tourner. Mais Sylvain, qui arrivait, comme moi au club, s’est très vite révélé.
J’avais l’objectif de jouer tous les matches. Je n’étais donc pas content mais j’avais aussi conscience que Sylvain faisait bien les choses. Du coup, j’acceptais et je travaillais encore plus à l’entraînement pour essayer de reprendre la place. J’ai aussi tenu parce que nous étions une équipe très soudée. On s’entendait tous très bien. On a aussi gagné grâce à cela. Les remplaçants ont toujours supporté ceux qui jouaient. On a vraiment vécu en famille pendant cette année-là.
Que vous reste-t-il de ce titre ?
C’était mon premier titre important. Avec Boavista, qui ne jouait pas pour le titre de champion, j’avais gagné la coupe du Portugal mais là c’était autre chose. Je ne pourrai donc jamais oublier cette année et ce titre de champion de France avec le FC Nantes. Ce ne fut pas toujours une saison facile mais j’ai vécu une joie immense. Dans un championnat aussi compétitif que la L1, avec des équipes comme Paris SG, Lyon, Monaco, Marseille ou Bordeaux, être champion de France avec le FC Nantes était magnifique. Un moment inoubliable, comme pour tout le monde, je crois.
Après cela, j’ai gagné une Ligue des champions (2004), une coupe UEFA (2003) et deux titres du Portugal (2002, 2003) avec Porto mais je n’oublierai jamais cette année 2000-2001 avec le FC Nantes. Pour tout : première année à l’étranger, un jeu plaisant et le titre.
Quel regard posez-vous sur Raynald Denoueix ?
J’ai eu de très bonnes relations avec Raynald Denoueix même si la barrière de la langue a rendu les débuts difficiles pour bien comprendre tout ce qu’il demandait. D’où l’importance de Nestor et Frédéric… C’était un bon entraîneur. Il savait nous motiver. Sans lui, nous n’aurions pas été champions. Il connaissait parfaitement son effectif. Y compris les recrues, parce qu’il les avait choisies. C’est aussi une très belle personne, avec beaucoup d’humilité. Il accorde beaucoup d’attention à des petites choses qui font les hommes et les joueurs. À chaque fois que j’ai eu besoin de parler avec lui, il était là, ouvert et à l’écoute pour nous aider à tous les niveaux. Comme j’arrivais d’un autre pays, il m’accordait l’attention nécessaire pour que je m’intègre le mieux possible.
Qu’avez-vous gardé comme souvenirs particuliers de cette saison 2000-2001 ?
Je me souviens du match pour le Trophée des champions que nous avons perdu aux tirs au but contre Monaco (0-0, 5-6 tab). C’était spécial parce que c’était mon premier match en France et avec le FC Nantes. Aussi, il y a le plaisir pris en jouant chacun des matches auxquels j’ai participé. Mais ce que je garde le plus, c’est l’ambiance à la Beaujoire. Toute la saison, le stade était plein. C’était surprenant à mes yeux, parce que je ne connaissais pas bien le championnat français. L’ambiance, le soutien des supporters en permanence, c’était magnifique.
Pouvez-vous nous parler de ce match contre Bordeaux, perdu 0-5 à la Beaujoire…
C’était difficile, surtout à la Beaujoire. Pour son premier match en France, Pauleta a marqué trois fois. Je me souviens surtout de la sortie du stade. Au Portugal, quand on perd 5-0 à domicile, il est très difficile de quitter le stade parce que les supporters nous attendent… Quand on a fini ce match, je me suis demandé comment on allait sortir du stade, qui était plein… Finalement, des supporters m’ont appelé pour que je signe des autographes. J’y suis allé, pas très rassuré… Mais ils m’ont dit : « Mario, ne t’inquiète pas… Il vaut mieux perdre une fois 5-0 que cinq fois 1-0. » Je garde ça comme un exemple incroyable de supporters. À Nantes, j’ai vraiment senti un vrai soutien de nos fans.
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Mais c’est aussi après ce match que vous perdez votre place ?
Oui. Je l’ai compris parce que je n’avais pas fait un bon match. Comme tous les joueurs, j’étais égocentrique mais je sais que ce n’était pas un bon match, ni pour moi, ni pour l’équipe. J’avais trouvé normal que le coach change quelques joueurs… J’ai respecté et continué à travailler.
Comment avez-vous vécu le fait de ne pas être dans l’effectif le soir du titre contre Saint-Etienne…
J’étais malheureux parce qu’on veut tous vivre ces moments importants. Mais j’ai pris beaucoup de plaisir. J’ai profité. Grâce à l’ambiance qui régnait dans le groupe, tous les joueurs se sentaient concernés, même ceux qui n’étaient pas sur le terrain. Et après le match, c’était la folie. Incroyable.
C’était plus incroyable quand vous avez gagné avec Porto ?
J’ai le souvenir d’ambiances et de sensations aussi fortes avec Porto mais à Nantes c’était spécial, sans doute parce que c’était la première fois que je gagnais un titre de champion. Cette ambiance, le soir du titre à la Beaujoire, c’était unique.
Que vous reste-t-il du jeu à la nantaise et cela vous inspire-t-il dans votre métier d’entraîneur ?
À l’époque, j’étais déjà convaincu que pour profiter au mieux de notre statut de joueur, il fallait prendre du plaisir sur le terrain et aimer le jeu pratiqué par son équipe. Je garde vraiment ça de ma saison nantaise. Je pense que quand on joue bien, comme on a joué à cette époque, on est plus près de gagner. Jouer et prendre du plaisir est encore différent de jouer et gagner. Mais jouer en prenant du plaisir rapproche de la victoire. Comme je l’ai vécu à Nantes, j’essaie de renvoyer ce message à mes joueurs, quand je dirige une équipe. J’ai aussi gardé en tête que l’on peut gagner en gardant sa philosophie d’entraîneur et de club. À Nantes, l’idée directrice du club et sa philosophie profitaient aux joueurs, notamment à ceux de son centre de formation.
Ce passage à Nantes a-t-il influé sur votre envie de devenir entraîneur ?
C’est venu bien après. À l’époque, j’étais jeune et on pense que la carrière va durer longtemps. Mais en fait, ça passe très vite. Mais chacune de nos expériences nous aide dans notre construction. Cela apporte des éléments pour être ce que l’on veut dans le futur. L’expérience vécue à Nantes y a peut-être contribué…
En revanche, le FCN vous a-t-il incité à commencer votre carrière d’entraîneur par la formation ?
Travailler avec les jeunes était très important à mes yeux. Jeune, j’ai eu l’opportunité de jouer au plus haut niveau parce qu’un entraîneur a eu le courage de me donner ma chance. C’est un plaisir de voir des jeunes que j’ai eus, évoluer en professionnel. Le FC Nantes était avant-gardiste. Donner la chance aux jeunes de son centre et gagner avec de nombreux joueurs formés au FCN, était une philosophie futuriste.
Comment ça ?
Aujourd’hui, chaque club mise sur sa formation pour grandir et alimenter son équipe fanion. Le FC Porto est un bon exemple. Avant, le club, qui avait les moyens, achetait des joueurs étrangers ou dans d’autres clubs portugais alors qu’aujourd’hui, il attache plus d’importance à sa formation. En 2019, on a fait un exploit en gagnant la même année la Youth League (Ligue des champions U19) et le championnat de la catégorie. C’était une première pour le club. Cela a aussi ouvert les mentalités des dirigeants du FC Porto quant à la formation et ouvert les portes de l’équipe pro aux jeunes du centre.
Il doit aussi vous rester des parties de tennis-ballon en tête…
Je connaissais avant d’arriver à Nantes parce que tous les joueurs de foot aiment ça. Mais à Nantes, on avait une compétition entre nous avant les entraînements. Je me rappelle de Mickaël Landreau, notre gardien, qui y jouait super bien.
Quels sont les joueurs nantais qui vous ont marqués ?
Eric Carrière, élu meilleur joueur du championnat, et Mickaël Landreau ont été magnifiques. Il y a aussi Viorel Moldovan, notre buteur et l’expérience de Nestor Fabbri. Mais cette année-là, Nicolas Gillet avait aussi fait une très grande saison. Après, une fois encore, je pourrai citer tout le monde… Tout le monde était très important pour l’équipe.
Pourquoi avoir choisi de quitter le club après un an seulement ?
J’avais signé quatre ans et je ne comptais pas partir si vite, surtout qu’au fil des mois je me sentais de mieux en mieux au FC Nantes. Mais le FC Porto est le club de mon enfance, un grand club au Portugal et en Europe, qui offre la possibilité de gagner des coupes d’Europe. Avoir un bon contrat dans un grand club de mon pays avec la possibilité d’évoluer au plus haut niveau ne se refuse pas. Je ne pouvais pas laisser passer cette offre du FC Porto qui avait fait une proposition au FCN.
Vous aviez aussi retrouvé Porto, qui élimine le FCN, en 8e de finale de la Coupe UEFA cette année-là ?
Oui, ce fut spécial et difficile. J’avais la volonté de jouer contre Porto… J’étais triste. Mais j’ai respecté les choix du coach pour préserver l’ambiance. Quand je suis entré (au match aller perdu 3-1), j’ai tout fait pour aider.
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Avez-vous encore des contacts avec des joueurs de cette génération ?
Oui. Nico Gillet, avec qui je suis très ami. Il y a aussi Frédéric Da Rocha, Olivier Monterrubio. Il y a longtemps que je ne lui ai pas parlé mais je garde beaucoup d’estime pour Nestor Fabbri. Comme entraîneur de la formation au FC Porto, je suis venu au tournoi de la Saint-Pierre à Nantes, une saison. J’en ai profité pour dîner avec Nico Gillet et Frédéric Da Rocha. Je garde aussi un bon contact avec Eric Leport, le directeur général du club de l’époque. Il me faisait visiter la ville, il m’a souvent invité à manger avec sa famille. Malheureusement, on n’a pas eu trop le temps de se voir depuis…
Avez-vous apprécié la ville ?
Je l’ai trouvée très jolie, agréable et tranquille pour vivre. À l’époque, je sortais de Porto, une ville avec beaucoup de circulation, de stress… J’habitais à Orvault, près de la Jonelière, mais j’aimais aller en centre-ville. J’aimais aussi aller au bord de la mer, à La Baule. Je m’y rendais assez souvent. À Nantes, j’ai pu vivre en toute tranquillité alors qu’à Porto, un joueur ne peut pas sortir en ville sans être dérangé…
Suivez-vous encore l’actualité nantaise ?
Oui. Et c’est normal parce que j’ai été super bien accueilli par tout le monde dans ce club. Je n’ai jamais arrêté de le suivre. Malheureusement, le club traverse une période difficile.
Avez-vous parlé du FC Nantes avec Sergio Conceição ?
Non. J’ai joué avec Sergio en 2004, au début de la saison… Après ça, chacun de nous a fait sa vie. On s’est retrouvé au FC Porto, comme entraîneur. Lui des A et moi des jeunes. On parlait uniquement des joueurs qui pouvaient monter dans son équipe. Mais je sais qu’il a fait du bon travail à Nantes.
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Tarif Maison » 13 Mai 2021 10:57

L’histoire mais archi-connue, mais P-O la relatait de nouveau mardi, pour le 40ème anniversaire de la mort de Bob Marley.
Et c’est quand même pas tous les clubs qui peuvent se la raconter avec une histoire comme ça.

Bob Marley, pape du reggae, défia les Canaris
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Souvenir. Bob Marley s’est éteint il y a 40 ans. Dingues de foot, lui et ses musiciens ont joué contre le FCN le matin de leur concert à la Beaujoire le 2 juillet 1980. Le producteur nantais Daniel Nedzela en a gardé d’épiques souvenirs.

Il est mort à 36 ans, le 11 mai 1981, au lendemain de l’élection à la présidence de François Mitterrand. Son passage à Nantes, dix mois plus tôt, est resté dans la mémoire collective de la ville.
« Les places du concert de ce mercredi 2 juillet 1980 se sont vendues en une matinée », se souvient le producteur nantais, Daniel Nedzela, qui fut le premier à organiser des concerts au parc des expositions de la Beaujoire. Un an plus tôt, Supertramp avait essuyé les plâtres de ce lieu qui verra défiler Status Quo, Police, ou AC/DC. « Ce sera la seule date de Bob Marley dans tout l’Ouest. La veille, le groupe de musiciens jamaïcains dormait à l’hôtel Frantel, se rappelle Daniel Nedzela. Leur production m’avait alors demandé si l’on pouvait organiser le matin du concert un match de foot contre le FCN. Le journaliste de Presse Océan, Alain Garnier, s’est chargé d’organiser cette rencontre. »
Le rendez-vous est calé le matin vers 9 h. « J’avais un peu peur qu’ils ne se lèvent pas à l’heure, alors j’étais venu une demi-heure en avance, raconte Daniel Nedzela. A l’accueil, quand je demande au directeur s’il peut réveiller les musiciens, il me dit vous rigolez, ça fait deux heures qu’ils s’entraînent sur le parking de l’hôtel, il y sont depuis 7 h du matin ». :)
« Dans le bus qui les mène au centre d’entraînement des Canaris, tout le monde fumait des gros pétos là-dedans et ils laissaient les fenêtres fermées car ils aimaient la clim, sourit le producteur nantais. Je me souviens du chauffeur, un type un peu costaud qui transpirait avec la fumée. Il a bien dû perdre trois litres de sueur ».
Sur la pelouse, les Wailers affrontent Henri Michel, Gilles Rampillon, Amisse, Rio, Tusseau, Picot, Jean Vincent, mi-joueur, mi-arbitre, écrit alors Alain Garnier dans Presse Océan. De l’autre, Bob Marley et les Wailers avec Jean-Marc Desrousseaux (le remplaçant de Bertrand-Demanes) dans les buts.
« Ce fut un match difficile pour nous », expliquait récemment Gilles Rampillon. Score final : 4 buts pour les Canaris et 3 pour Marley’s band. « Avec deux buts du petit Bob, très applaudi avec ses tresses enserrées dans un bonnet de laine, comme s’il tenait à les garder au chaud », ​poursuit Alain Garnier. Henri Michel offre le maillot de l’équipe au rasta-man tandis que ce dernier distribue des disques.
« Sur scène, Bob Marley a joué avec le maillot du FCN, dit encore Daniel Nedzela. Ils étaient tous assez timides et gentils et ça fumait beaucoup. »
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar titube » 16 Mai 2021 13:03

J'étais arrivé la veille à Nantes avec mon frangin et nous avions découvert une affiche indiquant le concert. Nous n'avions pas de place. Cependant, habitués aux concerts toulousains où nous pouvions entrer en force dans la plupart des concerts quand nous n'avions pas obtenus de places ( :smt006 Jonaldo), nous nous sommes dits "on tente".
Arrivés le soir à la Beaujoire, le concert était à guichets fermés et le service d'ordre WRTL ne laissait aucune chance de rentrer sans billet. Nous avons donc vu Bob Marley and the Wailers arriver en bus, nous saluer et entrer dans l'enceinte de la Beaujoire.
Et nous avons fini notre soirée dans un troquet Nantais. Mais lequel ? Ma pudeur, ma mémoire, ou mon manque de sens de la délation, nous ne le saurons jamais. :-)
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar oliviergb2 » 20 Mai 2021 6:09

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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Tarif Maison » 20 Mai 2021 12:27

Poursuite de la série O-F sur les 20 ans du dernier titre. Pas une interview (le contraire eut été étonnant tellement M. Berson reste à l’écart de toute sollicitation) mais les autres parlent pour lui. Je me souviens de l’avoir vu en 2017 à Vannes, à la Rabine, à la mi-temps d’un match de rugby du RCV, et il n’était pas super engageant, je n’avais pas osé le déranger.

Avec Mathieu Berson, le FCN tenait son phare breton
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Série 2001. Il y a 20 ans, le FC Nantes décrochait son 8e titre de champion de France. Dans un secteur fourni, Mathieu Berson s’est imposé comme un élément incontournable.

Mathieu Berson a pointé le bout de ses crampons lors de la saison 1999-2000 avant de s’imposer comme un élément incontournable du milieu nantais l’année du sacre. Aujourd’hui paysagiste sur la presqu’île guérandaise, il esquive les sollicitations médiatiques après une carrière à laquelle il aurait pu donner une autre dimension.

Le bloc de granit n’est pas près de se fissurer. Ceux qui ont essayé s’y sont cassé les dents. On parle des téméraires de la sphère médiatique, une sorte de milieu hostile pour l’ex Canari. Ne comptez pas sur Mathieu Berson pour fendre l’armure et jeter ses souvenirs en pâture au premier plumitif venu, 20 ans après avoir cousu une huitième étoile sur le maillot jaune et vert. Le Vannetais n’en voit pas l’intérêt. S’ils étaient diplomates, Hassan Ahamada et Sylvain Armand disposeraient d’une véritable marge de progression. L’intervention de ses deux fidèles amis n’a rien changé à l’affaire. Le Breton se ferme comme une huître quand ses ex-coéquipiers ne se font pas prier pour ouvrir la boîte à images. On l’imagine plus disert quand Sylvain Armand lui propose une sortie en mer pour une partie de pêche au large de la presqu’île (Hassan Ahamda et Mathieu Berson sont témoins de mariage de Sylvain Armand). L’histoire n’est pourtant pas écrite à l’avance. « Il était très très froid au début. On se demandait si on s’appréciait. Il est Breton et c’est comme ça » avance le nouveau coordinateur sportif lillois.
Aucune trace de mépris, guère plus d’arrogance ou de fierté mal placée. Juste que l’intéressé, 41 printemps au compteur, n’en éprouve ni le besoin, ni l’envie. En comité restreint, en terres connues, l’homme dévoile son vrai visage. « C’est certainement le gars le plus drôle que je connaisse. Quand il est parti, ça envoie » pose Hassan Ahamada, fidèle parmi les fidèles. « Il a plein de choses à raconter, il est au courant de tout, s’intéresse à tout. Sa discrétion, c’est de la timidité. Il ne veut pas se montrer, pas faire parler de lui. C’est pour ça qu’il se met en retrait et n’est pas forcément bavard avec les gens qu’il ne connaît pas. Mais quand on apprend à le connaître, ça n’a rien à voir. Quand tu fais un barbecue avec lui, tu passes les meilleures soirées de ta vie ». Pas de quoi passer sur le grill pour autant. Membre du premier cercle, l’ancien attaquant a découvert le Morbihannais au centre de formation. Mais la relation amicale s’est nouée plus tard, quand les gamins se sont invités dans la cour des grands. « Quand on est montés en pro, on devait être les deux plus jeunes alors on s’est retrouvés en chambre ensemble. C’est parti comme ça. Maintenant, c’est devenu mon meilleur pote » explique le Brestois.
Mathieu Berson s’est pourtant trouvé un autre compagnon de chambrée pour sa première apparition en pro. Ce 28 novembre 1999, Hassan Ahamada n’était pas du voyage sedanais quand le milieu défensif a remplacé Sébastien Macé à Émile Albeau à 9 minutes du gong (0-0, 17e journée). Le temps de récolter un carton jaune, de marquer son territoire et de s’accrocher à son poste comme une bernique à son rocher. Il dispute 12 matches cette saison-là, celle du maintien décroché au Havre (1-0) après la nouvelle victoire en coupe de France contre Calais (2-1), deux rendez-vous à haute charge émotionnelle lors desquels le Breton a aussi alimenté son compteur d’avertissements.
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Mathieu Berson ne rechignait jamais à s’inviter dans la zone tampon, au risque de provoquer quelques étincelles. « Il était capable de poser des parpaings… Il était n° 6 mais pouvait être n° 10 car c’était un joueur à l’aise techniquement, qui avait le sens du jeu » juge Stéphane Ziani, qui en connaît un rayon dans le domaine. Le Morbihannais a parfois vu rouge dans son cursus de formation (un seul carton rouge en pro avec le FC Nantes, en 2004, face au Mans). Avec la réserve de Loïc Amisse, il lui est arrivé d’être expulsé en match amical de pré-saison (par un arbitre du FC Nantes), et suspendu pour la reprise du championnat. « Il ne supporte pas les injustices. L’arbitre avait dû lui faire une remontrance. Il avait mal réagi et il avait dû prendre 5 ou 6 matches de suspension » se remémore le technicien, qui l’a ensuite retrouvé à l’étage du dessus. « C’est un gagneur. À l’entraînement, les exercices, ce n’était pas trop son truc. Lui, c’est la compet’. Dès qu’il y avait une opposition, il répondait présent » poursuit l’ex-coqueluche de Saupin.
Plus original, le joueur s’est aussi auto-exclu d’un entraînement lors d’un stage de préparation en Autriche. « Il avait raté ses trois premières passes, ça l’a gonflé. Il a quitté la séance et est remonté directement dans sa chambre. Sur un terrain, c’est un sanguin, mais pas dans le sens où il est bagarreur et va frapper quelqu’un. Mais c’est un compétiteur et s’il a un sentiment d’injustice, ça le fait sortir de ses gonds mais ce n’est pas quelqu’un de méchant. Il a toujours envie de gagner. Chez nous, il s’est imposé naturellement. Ses qualités ont parlé pour lui. Ce n’est pas avec la parole qu’il a gagné sa place, c’est par ses actes, sur le terrain. Il était hors norme au niveau de la récup’, techniquement. C’était un joueur propre » se souvient Hassan Ahamada. Naturellement, le nettoyeur a enchaîné (28 matches lors de la saison du sacre).
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Il a goûté aux joutes européennes (1re apparition en coupe de l’UEFA le 9 décembre 99) face aux Gunners de Ljungberg, Vieira, Overmars, Henry et consorts à la Beaujoire, (3-3) et partagé les soirées avec le gratin du foot continental. Mathieu Berson a disputé son premier match de Ligue des Champions un sinistre 11 septembre 2001, face à Eindhoven (4-1), une semaine après avoir terrassé l’Espagne de Xavi avec l’équipe de France Espoirs de Raymond Domenech (3-0). Il a aussi livré bataille face à Manchester United ou le Bayern Munich.
Un cursus qui aurait dû ouvrir d’autres perspectives à celui qui fut aussi nommé dans la catégorie « Meilleur Espoir » des trophées UNFP en 2001-2002 selon Hassan Ahamada. « Quand on voit que Pedretti est allé en équipe de France, je pense que Mathieu était au-dessus. Je ne sais pas ce qui a pu le pénaliser : ses choix sportifs ou sa discrétion. Mathieu, ce n’est pas un mec qui va se vendre. Il aurait pu viser encore plus haut mais ce sont des choix de carrière. Je pense qu’il ne regrette rien. »
Surtout pas ces amitiés solides nées du vestiaire ou ces moments de découverte, d’insouciance et de légèreté dont certains flashs illuminent encore le quotidien des protagonistes. « On gagne en demi-finale de coupe de France à Monaco (victoire 1-0, le 12 avril 2000). C’était l’époque des Barthez, Trezeguet, Djetou. On restait dormir sur Monaco le soir même. Dans la chambre, avec Mathieu, on a commencé à réaliser. C’était tout nouveau pour nous. On avait le même agent à l’époque, Olivier Jouanneaux. Après ce match-là, il nous avait annoncé qu’Adidas voulait nous sponsoriser. On était excités comme des gamins. C’est là que tu te rends compte que tu arrives dans un autre monde. » Mahieu Berson a choisi de rester muet comme une carpe. Mais avec le FC Nantes, le n°13 est bien parti à la pêche aux gros.

En clôture de la saison 2000-2001 (ou 2001-2002 ?), L’Equipe avait fait un sondage parmi les joueurs de L1, et il avait été désigné joueur le plus rugueux de l’année. Loin d’être un « savateur » dans mon souvenir, pourtant.
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar nauntt » 20 Mai 2021 13:02

Je garde également l'image d'un joueur dont on qualifierait les interventions de "viriles mais correctes".
Mais surtout, dans l'utilisation du ballon après la récup et dans le volume de jeu, il était assez exceptionnel selon moi. Je partage les interrogations de l'auteur sur les raisons d'une suite de carrière pas à la hauteur de son talent.
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar féliré » 20 Mai 2021 13:09

Le souvenir d'un joueur extrêmement intelligent sur le terrain que ce soit dans le placement ou l'utilisation du ballon mais qui avait la possibilité de péter un câble. Le souvenir aussi d'un joueur qui prenait beaucoup de jaunes alors que c'était parfois évitable.

Pour la suite de sa carrière, c'est un peu bizarre. L'impression que ce n'était pas un gars ambitieux (sans que ce soit un reproche) et il choisissait ses clubs davantage avec l'assurance de jouer plutôt que de chercher à aller dans des gros clubs. Le fait est qu'il a joué partout il est passé (peut-être pas beaucoup à Villa) dans des clubs qui jouaient au mieux le milieu de tableau.

On sent que le contexte d'alors du club (Gripond, la Socpresse, ...) est en grande partie responsable de son départ alors qu'il semble parfaitement prêt à faire une carrière à la Da Rocha. Dassault, il nous aura fait beaucoup de mal quand même... Après le titre, il y avait tout pour continuer sur du moyen terme pour venir faire chier les gros tous les 4 ou 5 ans quand même... Avec du Denoueix aux manettes et des mecs comme Guyot au centre. :smt022

Berson incarne assez bien le "gâchis" autour de ce club depuis les années 2000...
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Messagepar amaru » 20 Mai 2021 15:17

Tarif Maison a écrit:
En clôture de la saison 2000-2001 (ou 2001-2002 ?), L’Equipe avait fait un sondage parmi les joueurs de L1, et il avait été désigné joueur le plus rugueux de l’année. Loin d’être un « savateur » dans mon souvenir, pourtant.


J'ai le souvenir de joueurs adverses qui disaient qu'il "faisait mal" quand il allait au duel tout en notant que c'était correct ou dans l'esprit.
Ce qui est un peu contre intuitif, quant à son impact, car il avait un gabarit assez fin et sec.
amaru
C'est la Kitanie
 
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Tarif Maison » 06 Juin 2021 16:30

Toujours dans la série des 20 ans du titre 2001, Salomon Olembe.

Les phrases de Denoueix résonnent dans ma tête
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Série 2001. Il y a 20 ans, le FC Nantes décrochait son 8e titre de champion de France, son dernier sacre. Au tour de Salomon Olembé de livrer son témoignage.

Salomon Olembé, 40 ans, joueur polyvalent et fulgurant, il vit aujourd’hui au Cameroun, où il est Team manager de la sélection nationale, les Lions indomptables.

Cette saison 2000-2001 conclut un cycle de trois ans auréolés de trophées et d’émotions…

Il faut vivre une fin de saison comme celle qu’on a vécue en 2000. On gagne la coupe et, une semaine après, on doit se sauver. Le club avait fait voyager le personnel au Havre. Quand on rentre dans le stade, on reconnaît tout le monde sur la droite. Voir ces gens voyager et se retrouver en territoire hostile, c’était exceptionnel. Tout le monde s’est battu pour que le club ne descende pas. Cette force-là nous a propulsés la saison d’après.
Sur le terrain, quels sont les moments forts qui ont jalonné la saison du titre ?
On a joué Monaco, champion en titre, chez eux et gagné là-bas (5-2). Ce match-là, c’est comme si on avait réussi à appliquer ce qu’on connaissait à Nantes : les principes de jeu, le mouvement, trouver les espaces, déplacer la balle, se trouver les yeux fermés. On s’est tous regardés et on s’est dit : « On vient de faire tomber qui là ? » Mais surtout : « De quelle manière ? » J’ai vu l’ambiance après le match, j’ai vu les dirigeants sourire. Écoute, je suis arrivé à Nantes en 95, l’année du titre (le 7e, avec Jean-Claude Suaudeau), et cette année-là, j’ai vu les derniers matches. J’ai lu l’expression sur le visage des gens à cette période. Et six ans plus tard, à Monaco, j’ai revu ces mêmes sourires, ces mêmes attitudes.
Vous évoquez votre arrivée à Nantes. Comment s’est-elle déroulée ?
J’ai fait le tournoi de Montaigu avec le Cameroun. J’ai obtenu un stage, détecté par Guy Hillion. Lui, c’était le maestro. Il m’a accueilli au club. Je ne sais pas quels mots utiliser pour qualifier celui-là : Jean-Claude Baudoin était le coach des moins de 15. Je suis tombé entre les mains de magiciens ! Ça s’est poursuivi avec des Denoueix, Amisse, Suaudeau, Budzynski. On est tous passés par là.
Vous découvrez donc la Jonelière en 1995…
Quand j’arrive la première fois, il y avait l’entraînement des pros. Nous, on devait jouer contre les moins de 15 de Nantes, en match amical, de l’autre côté. On voit tout le monde assis autour du terrain de l’équipe pro. Il y avait des gamins partout, des voitures partout, c’était un bordel pas possible pour passer ! Moi, je pensais que ça allait être barricadé. Mais non, les gens étaient là pour l’entraînement des pros. Je ne voyais pas la vie d’un club comme ça.
À cette époque-là, Jean-Claude Suaudeau est entraîneur de l’équipe fanion. Que vous inspire-t-il ?
Quand j’étais au centre, Suaudeau faisait souvent le tour après l’entraînement des pros. On finissait les cours vers 15 h, 16 h. Il me trouvait tout le temps assis devant ma chambre. Il s’arrêtait. Une fois, deux fois. Il me titillait, à la Suaudeau, quoi. Au fil du temps, c’est devenu de vraies conversations. Il me donnait des devoirs à faire : je devais regarder le match des pros et je savais que le lundi ou le mardi, il allait se pointer et me poser une quarantaine de questions (rires)… « Est-ce que Claude (Makélélé) a bien joué ? Et Japhet ? Et Jean-Michel Ferri ? » Pour commencer à critiquer le jeu de ces gens-là, il a fallu qu’il me rentre dedans pour que je dise qu’untel n’a pas fait ça, aurait dû faire ça… ça m’a fait faire un bond dans l’analyse des matches et comprendre le pourquoi de tel exercice.
Quand Viorel Moldovan découvre votre groupe, il parle d’une équipe de « nains ». Qu’est-ce que cela traduit ?
On avait fait un stage en Autriche. Un jour, on croise les joueurs de Galatasaray. Ils nous ont vus passer et ils se sont « foutus » de notre gueule : « C’est une équipe de juniors ou quoi ? » « Where are you from ? » Deux ou trois ans après, on les jouait en Ligue des champions ! C’est l’idée que les gens avaient du club : des gamins, des nains. Il n’y avait pas de baraqués. Le jeu qu’on pratique demande beaucoup de déplacements. Nous, on est gamins. On ne peut pas mesurer notre intelligence. Mais les entraîneurs, les éducateurs savent quels sont les critères pour développer le jeu à la nantaise, comprendre les combinaisons, jouer, occuper l’espace comme on dit toujours à Nantes, pour respecter les principes de jeu. Il faut un minimum d’intelligence.
C’est-à-dire ?
Je prends la devise du club : « Celui qui renonce à être meilleur cesse déjà d’être bon. » Il faut un minimum d’intelligence pour la comprendre et la mettre en pratique. Jouer en mouvement, savoir où sont ses partenaires, savoir quand et où faire les courses demande de l’intelligence. Quand tu fais une passe à ton partenaire, l’idée, c’est de ne pas le mettre en difficulté, ça t’oblige à creuser. Je peux décortiquer là, mais dans le fil de l’action, on est dans le millième du dixième de la fraction de seconde. Il faut faire vite et être capable de penser le jeu autrement. Le début de l’action et la fin de l’action. Quand on reçoit le ballon, on doit être capable de penser les trois ou quatre coups qui vont s’enchaîner. Ça a permis à Nantes d’avoir de l’avance sur beaucoup de critères utilisés dans le foot, comme l’argent. Les mécanismes du jeu à la nantaise permettaient de compenser le volume financier autour du club. Avec le recul, chaque « sou » investi dans les joueurs à Nantes ne pouvait pas être investi pour la performance individuelle du joueur. Il fallait qu’il s’intègre à une architecture, un environnement, des principes de jeu. Pas parce que le mec allait planter quarante buts, mais parce que le mec allait permettre à l’ensemble de fonctionner comme une horloge.
Qu’évoque Raynald Denoueix pour vous ?
Quand j’en parle, ses phrases résonnent dans ma tête. Elles expliquent sa façon de voir le football, l’ADN nantais. Denoueix, c’est d’abord des principes de jeu. Il considère que le joueur doit être dans un état d’esprit positif pour pouvoir accepter ce qu’on va lui mettre comme contraintes ou les contraintes qu’il va poser à l’adversaire. Les gens se contentent souvent de regarder la façon dont le ballon circule, de dire que c’est joli. Mais peu de personnes ont voulu creuser et se demander : « Comment ils arrivent à faire ça ? » avec de si petits gabarits, peu de moyens. Ils ne se rendent pas compte que ce sont des pièces de puzzle qu’on assemble, un travail d’horloger. Le jour où la mécanique s’installe, que la symbiose prend, le collectif prend le pas sur l’individu, on a une symphonie et c’est merveilleux à voir.
Le FC Nantes vous a construit ?
Oui ! Mon père ne peut pas se targuer d’avoir fait mon éducation à 100 % de 15 ans à 20 ans. Ces mecs-là ont fait notre éducation. Mes enfants disent que mon village, c’est Nantes. J’ai eu les réflexes de faire signer des maillots par tout le monde. Avec les déménagements, je ne sais pas où sont mes trophées mais ce qui est le plus important, c’est ce qui est gravé au fond du cœur. Je sais qu’à un moment donné de ma vie, on a fait rêver les gens et on a fait plaisir aux gens. On a reçu des enseignements de la part de druides. Ils se sont retournés et ils ont dit : ceux-là, ils ont compris. Pour ma culture personnelle, je m’étais amusé à collectionner les interviews sur le foot nantais. En pièces détachées, je me suis fait la réflexion : comment se fait-il que ce que Suaudeau et Denoueix disent ne se trouve pas dans un livre ?
Tarif Maison
 
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Messagepar ar poulgwenn » 06 Juin 2021 16:58

Merci :smt023
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Re: Histoire du FCN: anecdotes, articles et autres...

Messagepar Tarif Maison » 06 Juin 2021 19:12

Pour boucler la boucle sur cette série des 20 ans du titre, on finit par Raynald Denoueix.
L’intelligence et l’humanité de ce gars-là … :smt007
C’est con, mais ça m’émeut à chaque fois.

Raynald Denoueix : « L’intelligence de jeu est primordiale »
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C’est avec Raynald Denoueix que nous avons lancé la série consacrée au titre de 2001. C’est naturellement avec lui que nous refermons cette parenthèse enchantée, qui aura vu défiler les acteurs du 8e sacre du FC Nantes.

À l’époque, au FC Nantes, la grande majorité du groupe est constituée de joueurs formés au club. Sur quels paramètres repose le recrutement de joueurs extérieurs ?
C’est un secteur primordial. Demande à certains clubs aujourd’hui : « Sur quels critères recrutez-vous ? » « La capacité des joueurs à prendre des informations (Lyon). » « La prise de décision (Lorient). » On s’y retrouve. Tout ça, ça veut dire la même chose. J’écoute des fois des commentaires de match. Pas une seule fois, je n’entends parler d’intelligence tactique dans le match. Ils ne parlent que de technique, de physique, d’engagement, de folie. La technique te permet d’exprimer ce que tu penses. Le foot est dans la tête avant tout et le ballon dans les pieds. Pirlo a dit : « Toute ma vie, j’ai joué avec ma tête. » Même dribbler, car c’est faire des feintes, être imaginatif, c’est donc d’abord la tête.
Comment les entraînements permettent-ils d’améliorer ou de valoriser la réflexion ?
Les joueurs ont besoin d’une certaine variété dans les exercices. Tu essaies d’introduire des petits trucs avec les couleurs, les zones. Au centre, je les avais déjà fait fonctionner par paires. Il y en a pas mal qui étaient passés par là. Je crois qu’on est champion en ayant eu le plus grand nombre de joueurs formés au club. C’était un repère pour donner des thèmes.
Pendant les entraînements, des accessoires permettent-ils de varier les exercices ?
J’ai vu dans une pub qu’une société vendait des maillots bicolores. Dans la même équipe, tu peux avoir des bleu et jaune qui jouent avec des rouge et vert. Comme les planches, pour que le ballon soit en mouvement. À Nantes, au début, c’était des planches en bois que j’avais fait faire avec le père Bouloux, le gardien du centre, un ancien menuisier et qui m’avait aussi fait des enceintes. Quand il y a des nouveaux, il y a un petit temps d’adaptation. L’intelligence tactique, c’est être capable de prendre des infos, d’analyser, puis de décider. Et tout ça va très vite. Ils ont presque l’impression de ne pas réfléchir alors que si.
Ça devient intuitif ?
Les plus forts sont capables de prendre une décision et quand ils voient que l’adversaire a compris ce qu’ils envisageaient, peuvent la modifier. Ils sont rares ceux-là. T’en as qui font une passe, baissent la tête, mais une fois que le ballon est parti… merde, il est intercepté ! Il y en a qui ont la tête toujours levée et qui continuent à gamberger, c’est pas un i 3 qu’ils ont mais un i 7 ou un truc de 10e génération et puis bing ! Je t’ai lu toi mon pépère, j’ai vu que tu m’avais compris mais j’ai pigé que tu m’avais compris, je fais autre chose. Eric (Carrière) était comme ça. Mais s’il n’a pas sa tête, qu’est-ce qu’il lui reste ? C’est comme Zian’(Stéphane Ziani). Lorsqu’il arrive, Viorel (Moldovan) dit qu’on est des rase bitume. Mais si tu pars faire un footing avec Ziani et Carrière, accroche-toi quand même !
On en revient au travail avec les paires, aux associations, à la sensibilité…
Ça m’énerve quand on dit : « Ceux-là, ils sont complémentaires » en jugeant le nombre de passes qu’ils ont faites. Il faut avoir le courage d’aller voir. Il existe des rapports de match de Ligue des Champions, joueur par joueur. J’ai une référence : le match France-Argentine (Coupe du monde 2018). On a dit que Griezmann avec Giroud, ça avait superbement bien marché, alors que ça critiquait à l’issue du match précédent, c’était le débat national. Mais quand on gagne contre l’Argentine, combien de passes se sont-ils faites ? Zéro ! Sauf que là, on avait gagné (4-3). Une fois qu’on gagne, on oublie comment on a gagné ! Grave erreur ! Si on revient à ce qui nous intéresse, Monterrubio-Da Rocha, l’un par rapport à l’autre, ils avaient fait des centaines, peut-être des milliers d’exercices : je décroche, je la redonne, je décroche je la laisse passer, je décroche, je la prends etc. L’important, c’est qu’ils sachent se déplacer l’un par rapport à l’autre pour que l’un d’eux reçoive le ballon ou permette à l’autre de le recevoir, ce qui est encore mieux. Ils avaient ça.
L’année de ce 8e titre, le FC Nantes recrute donc peu (5 joueurs), mais surtout dans le secteur défensif (Laspalles, Silva, Armand)…
On manque de gabarits. On a des Monterrubio, Da Rocha, Ziani, Carrière, Olembé, tout ça… presque 80 % de l’équipe. Quand le ballon est en l’air, il n’est pas pour nous. Je demande un arrière gauche, même s’il est moins fort dans le jeu offensif. Mais je veux qu’il soit présent dans le domaine aérien où on sera peut-être 3 ou 4. Les coups de pied arrêtés représentent à peu près un tiers des buts. Il y a un Silva qui arrive. Robert (Budzynski, directeur sportif) m’a dit que ce n’était pas lui qui l’avait recruté. On est allé l’accueillir avec le doc (Fabrice Bryand) à l’aéroport d’Innsbruck le soir de la finale de l’Euro 2000, qu’on n’a donc pas vue. On voit les gens descendre sur le tarmac. On ne voit pas qui peut être notre joueur là-dedans. Pratiquement tout le monde est sorti. Jusqu’à ce qu’on voie un chariot plein de bagages avancer. Et derrière, il y a Mario Silva qui arrive. J’exagère à peine. Il est tout l’inverse de ce que j’ai demandé à Robert, plutôt un latéral constamment porté à attaquer, tout petit gabarit. Au bout de quelques jours, c’était clair que Sylvain (Armand) était meilleur que lui. Mais Mario, c’était un super môme.
L’expérience de Fabbri n’est pas de trop au milieu de tous ces jeunes…
Lui, c’est un vrai pro. Des fois, les journalistes me demandaient : « C’est quoi un bon joueur ? ». C’était un peu con, mais je disais : « Un bon joueur, c’est un joueur qui joue. » Sous-entendu, comme il est pro, il ne va pas être blessé constamment. Nestor, c’est tellement pro qu’au début, je me suis gouré sur lui. Je le vois encore. Il arrive avec Hugo Bargas. On boit le café, il doit être vers 14h. Il arrive direct d’Argentine. Il dit : « Je veux m’entraîner. » Je réponds : « Non Nestor, ce n’est pas possible, tu viens de faire je ne sais combien d’heures d’avion… » Forcément, son premier entraînement, comme il est pro, c’est à l’arraché. Il est nase, mais c’est comme si tu testais un mec après un match avec prolongation. Sur le coup, j’étais parti dans le bureau de Robert…
Dans l’esprit, Viorel Moldovan lui ressemble…
C’est pareil, un pro. Moldo, je l’ai rencontré plus tard dans un stade anglais avec Canal. Il m’a dit : « Coach, après chaque séance, je notais tout ce qu’on avait fait, tous vos exercices, vos jeux ». Robert m’en avait parlé, m’avait donné des cassettes. Il était avant-centre de l’équipe de Roumanie et c’était pas mal Quand j’ai rendu les cassettes à Robert je lui ai dit, et c’était pas sympa (rires) : « Tu me dis oui, mais comme d’habitude, il ne viendra pas parce que tu me diras que c’est trop cher, comme tu l’as dit 10 fois à Coco, comme tu me l’as dit 10 fois. » Et ben si, il est venu. Lui, dans ses déplacements, tout de suite, tu le vois. Combien je vois d’attaquants suivre les défenseurs. De temps en temps, tu en vois un qui s’arrête ou qui ralentit, qui prend un ou deux mètres de retrait car les défenseurs « comme des cons » sont attirés vers le but, même si on essayait de travailler ça. Si l’attaquant court avec toi, ça va. Si l’attaquant s’arrête, une fois que tu te retournes et qu’il est à 3 mètres en retrait, il a frappé et des fois, elle est au fond (rires). Sur ce que j’avais vu, Viorel dans ses déplacements dans la surface, c’était super-bon. Après, dans sa participation, il était capable de bien comprendre, très simplement pour savoir la protéger, la remettre voire la dévier. Une fois de plus, intelligence de jeu.
Moldovan a donc rapidement trouvé sa place dans cette « équipe de nains » comme il la décrivait !
C’est sûr que quand tu vois Zian’…La première fois que je l’ai vu, il avait 9-10 ans, il y avait encore des levers de rideau à Saupin. Son futur beau-frère, Anthony Martins jouait avant-centre. Tous les deux, ils avaient une entente pas possible. Anthony était très fort : intelligence, habileté. Zian’, t’as l’impression que le ballon était plus gros que lui mais il faisait des passes de 30 mètres. Je te dis, 9-10 ans, tu ne formes pas. Par contre, tu dis : toi, viens avec nous parce que toi, tu sais, tu comprends.
Quel était le fil conducteur de vos causeries d’avant-match ?
Je dis qu’avant le match, il faut être hyper-positif, n’avoir que des paroles qui peuvent te projeter vers la victoire. On leur montrait les buts qu’on marquait car c’est important de voir pourquoi et comment on y arrive. Et c’est le côté positif. C’est une chose à laquelle je faisais extrêmement attention. C’est pour ça que je ne voulais pas trop de monde dans le vestiaire : je ne voulais pas entendre « Eh les gars, faut pas avoir peur ; faut pas qu’on perde… » Surtout pas ! C’est calamiteux ! Il ne faut pas employer ces mots. Tout ce qu’on fait, c’est pour gagner. Il faut que tous les mots soient positifs. Donc, des présidents, des dirigeants avant le match, non ! À la mi-temps, même 10 minutes après, non !
Le terrain et le vestiaire doivent rester le domaine des techniciens ?
Dans le foot, il y a ceux qui font et ceux qui « savent ». J’ai été des deux côtés, car à un moment, j’ai fait partie de ceux qui savent, c’est-à-dire ceux qui commentent. C’est un peu péjoratif (rires). Et puis ceux qui font : les dirigeants, les joueurs, les entraîneurs. Quand tu es le cul à commenter un match, ça me paraît ridicule de dire : « Donne-la à gauche, à droite etc. » Ce sont les joueurs qui décident, en partie par rapport à tout ce que tu as essayé de faire passer dans la semaine. Tu ne peux pas décider à leur place. C’est l’intelligence tactique. Tu ne peux pas, t’as pas le temps et il y en a 11… Tu me dis que c’est impossible d’en noter 11, d’apprécier, commenter. Déjà, c’est complètement con de juger individuellement des gens dans un sport collectif. Et c’est impossible d’en diriger 11, de dire « va à gauche, fais-ci, recule… » Logiquement, si une équipe fonctionne bien, si l’arrière gauche fait quelque chose, l’ailier droit doit faire quelque chose par rapport à ça. C’est difficile pour toi, entraîneur à chaque seconde, voire même deux secondes avant car il vaut mieux anticiper, de dire « faites ceci ! ». C’est impossible ! De temps en temps, tu peux aider un peu. Après, c’est par rapport à tout ce que tu leur as mis dans la tête.
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Messagepar El Marlino » 05 Sep 2021 9:17

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Pérou, 1971, tournée de l'équipe de France. Dans une rue de Lima, Henri Michel improvise une partie de foot avec des enfants. Aujourd'hui, son agent organiserait un "clinic" de 20 mn pile avec service de sécurité, sono à fond, sponsor partout et séance selfies.
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